Au fil des jours, du temps qui s'écoule dans le cœur...
28 octobre 2018

Pulsation

La poésie dit tout, surtout lorsqu'elle ne dit rien.
Elle engendre doute et fragilité.
Elle est désir.
Bien plus qu'une espérance,
une certitude incertaine
vacillant dans le vent,
s'accrochant aux nuages.
Elle est ce qui naît,
là où s'arrête la pensée.
Elle se nourrit d'ombres et de lumières,
s'abreuve d'invisible.
A sa source,
quelques gouttes d'espoir.
L'Indicible Présence.
Elle est cette absence entre deux battements de cœur
imposant l'envol, la pulsation de vie.


 

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30 août 2017

La misère traverse les mers
Quelle grève pour l'accueillir ?
Les galets sous la jetée ne garde pas de traces
du froid qui souffle les regards
hagards.

Qui peut comprendre la souffrance
quand un missile vient exploser le monde
que la sagesse est liesse et déchirure tout à la fois.
Quand l'esprit se partage et que s'épouse les crépuscules.
L'écorchure de la vie ruissèle sur le vent
sans un bruit.
En un cri si puissant qu'il éteint les volcans.
Le feu brûle et dévore ce qui reste du monde
Et le monde n'en a cure
Dans le silence froid un brasier enlumine
l'indicible et ses pas
Et Toi qui devances les miens.

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28 juin 2017

Aurore

Ma vieille amie je demande pitié,
aux ombres qui semblent te connaitre.
Je les supplie en toute inimitié.
La douleur de mourir ou de naître
déchire les êtres pareillement.
Chaque nuit, quand souffle la tempête,
l'esprit se refuse à tout mouvement,
il se terre au fond de sa cachette,
trépignant de rage, tremblant de peur.
Mais il me met le cœur à l'agonie,
au bord des lèvres quand crissent les heures
d'où douceur et lumière sont bannies.
Ma vieille amie ouvriras-tu l'aurore
à ces ombres qui demeurent au dehors ?

 

 

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25 juin 2017

Ma vieille amie

Te voilà revenue, ma vieille amie
Te voilà revenue, chaussant mes pas,
Courant par les grandes rues de ma vie,
Sans  un seul bruit mais avec quel fracas.
Tandis que je demeure à sa porte,
Avec avidité tu la parcours,
De ses ruelles à son aorte,
Tu cours dans ses bas fonds, la nuit, le jour.
Et moi, sans plus de force qu'un mourant,
Je suis ma vieille amie jusqu'au matin.
Dans les sombres recoins en gémissant,

Le cœur en berne et la grisaille au teint.
Ma douce amie je demande pitié,
De grâce, tu n'étais pas invitée.

 

 

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19 mars 2017

Esprits rebelles

Nous ne sommes plus une terre de paix,
nous ne sommes plus une terre d'accueil.
Qu'avons-nous fait de notre cœur ?

C'était il y a longtemps, la mémoire s'en souvient.
La terre était fertile, c'était une terre d'asile
où dans les chants se propageaient les liens.
Caïn avait tué Abel, oui je me le rappelle.
Mais depuis les grandes eaux,
de Victor Hugo à Lorca, en passant par Celan,
Khalil Gibran et Ben Jelloun,
les cœurs rebelles ont fructifié.

Que sommes-nous devenus ?
Nous ne sommes plus une terre de paix,
nous ne sommes plus une terre d'accueil.

Il y eut pourtant tant de semeurs.
En ce temps là les cœurs étaient féconds
ensemencés par Saint Exupéry, Apollinaire et Giono,
et nous pensions les guerres bien loin
car nous savions, à l'autre, tendre la main.
Les portes étaient ouvertes et les batteuses en juillet
fêtaient le grain dans les grenier garnis.
Nous partagions le pain et n'étions pas avares de joie.

Que s'est-il passé aujourd'hui ?
Nous ne sommes plus une terre de paix,
nous ne sommes plus une terre d'accueil.

Les épines ont poussé, si noires malgré leurs fleurs.
Nos cœurs sont des ronciers portant des mûres si sures.
Nous ne sommes plus une terre fertile,
nous en avons banni Camus
et nos âmes sont débiles, Dostoïevsky est loin.
Le cœur s'étiole en jardin clos, mais tout comme le roseau,
si on lui donne un nay, il chante.
De proche en proche, sa voix s'entend,
de proche en proche, elle enfle et se répand.

Qu'avons-nous fait de notre souffle,
que faisons-nous de notre voix ?
Nous ne sommes plus une terre de paix,
nous ne sommes plus une terre d'accueil.

Qu'avons-nous fait de notre terre,
que faisons-nous de notre cœur ?
Nous ne sommes plus une terre de paix,
nous ne sommes plus une terre d'accueil.

Réveillez-vous, esprits rebelles !
Les moutons sont sans cœur et les loups n'ont pas d'âme.
Réveillez-vous, semez demain.

Donne moi le nay et chante.
l'utopie est un rêve ensemencée de liens
et la terre est fertile qui est une terre de paix
et la terre est féconde qui est une terre d'accueil.

 

semeur-jete-ble
Image internet

 

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13 février 2017

Tempête

Bourrasques et rafales
Le vent s'emporte
Branches brisées et voiles déchirées
L'esprit éparpille à tout va
Tourbillons de sable
Les pensées volent
Eclats de pluie glacée
Le grain laboure la terre
Dessous les vers les taupes
le sang  séché
Le silence étouffe
Bruit de l'arme de la cognée
La démence saisit
Gémissements des chênes
Le ciel tarit
Blanches tornades
évaporées sitôt que nées
Poussière de cris
L'être reploie
Ivresse soufflée rompue
L'ombre émiette
Le jardin dévasté
Les nuées se déchaînent
dessèchent le sang
les vers dessous la terre
La brune claire
Les ténèbres submergent
Les voix dans la tourmente
L'orient est noir
Rugissements du ponant
La tempête forcit
Tout craque se fend s'offense
Le sommeil fuit
Coups de boutoirs
L'esprit vacille

Le monde chancèle

 

 

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22 décembre 2016

Il ne reste rien

Il ne reste rien, mais il reste tout
Des ruines et du sang mais aussi des champs.
Des larmes, de la poussière mais aussi des armes.
Des cœurs qui battent et des cœurs silencieux.
Le bruit des canons et le souffle des flammes.

Il ne reste rien.
Un arbre éclaté sur la grande place,
un jeune arbrisseau dans un jardin clos.
Un ours en peluche, une lampe brisée ;
une table dressée, des bougies éteintes.

Il ne reste rien, mais il reste tout,
un souffle qui court le bitume troué,
un murmure qui enfle les ruisseaux taris ;
le froid qui rend gourds les cœurs bien trop fiers,
l'odeur de la poudre, il n'y a plus de pains chauds.

Il reste surtout des mots qui se taisent,
les cris du silence, une aurore en feu ;
Le chants des oiseaux dans les oliviers
et dans le feuillage, une complainte lasse
pour chanter demain encore endormi.

Il reste peut-être une lumière débile
éclairant un tout petit coin,
donnant toute sa force et toute sa richesse ;
un petit peu d'or sur un ciel d'étain,
un peu de chaleur pour passer la nuit.

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Le «Baiser» de Gustav Klimt - Tammam Azzam

 

 

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21 décembre 2016

Grâce

Il est des mémoires oubliées qui s'invitent au lever.
Réminiscences tapies au fond de la nuit,
faites de cris, de larmes et de sang,
outrages qui soufflent une rage d'être ainsi encagés.

Rendre grâce, rendre l'âme et puis
se relever, hagard.
Hagard,
marcher pour oublier ;

hagard,
tomber, le souffle coupé ;
hagard,
se laisser inspirer pour enfin expirer.

 

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Image internet

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15 novembre 2016

Orée du temps

Il manque un tic au tac de mon cœur
Un entre deux au pas de danse.
La déchirure rougit la nuit
si blanche d'être sans rêve,
sans trêve d'être sans toi.

Les plumes noires envolent l'être.
Demain, un pas de plus, un pas tout bas
et je m'éloignerai.
Un tac de moins, les heures s'affolent
et dégringolent du cadran.

Sous les aiguilles, le temps s'éteint,
il bat à contre-temps.
Doux, l'heur d'avoir suivi tes pas
et l'instant qui me voit aussi blanche que la nuit,
aussi noire que ses ailes.

 

A Slice of Silence
Nathan Wirth - A Slice of Silence

 

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10 novembre 2016

Cri de nuit

Dans le noir
La tempête enrage,
trébuche sur la nuit
à grand cri.

Les pleurs planent sur les vagues,
déferlent sur les rêves
,
plongent dans le sommeil,
l'éclaboussent d'orage.

D'un battement d'ailes,
la mie du cœur
déferle les voiles noires.
L'envol délie l'horizon

 

Vol

 

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