La poésie ne sert à rien ?
                                                 La poésie ! Vous plaisantez j'espère ? 
                                                 A quoi ça sert la poésie à notre moderne époque, 
                                                 la poésie ne sert à rien !
La poésie ne sert à rien, soit, mais elle est un plaisir 
Le plaisir ne sert à rien, sauf à se faire plaisir
Et avoir du plaisir, c'est simplement se sentir vivant
                                                La poésie, la bonne poésie  donne la chair de poule, 
                                                un bonheur, une émotion, les larmes aux yeux...
La poésie est une chose fantastique ! 
Et si l'émotion procurée par la poésie était un remède à nos maux

                                               Sylviane Le Menn  http://www.abadennou.fr/

 

 

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08 février 2018

Pas après Pas

Pas après pas,
Seul à soi-même
A travers la lande étincelante,
Le silence perce le ciel
D’où sourd ce Chant plus doux que la lumière.

Par cet élan,
D’un battement d’élytres,
Léger comme un nuage,
Je rejoins ton Etoile.

Figaro

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29 juillet 2017

I carry your heart (I carry it in my heart) - Edward Estlin Cummings

I carry your heart with me (I carry it
in my heart) I am never without it (anywhere 
I go you go, my dear ;  and whatever is done
by only me is your doing, my darling) 
                                                                 I fear
no fate (for you are my fate, my sweet) 
I want no world (for beautiful you are my world, my true)
and it’s you are whatever a moon has always meant
and whatever a sun will always sing is you 

here is the deepest secret nobody knows
(here is the root of the root and the bud of the bud
and the sky of the sky of a tree called life ; which grows
higher than soul can hope or mind can hide)
and this is the wonder that's keeping the stars apart

 I carry your heart (I carry it in my heart)

Je porte toujours ton cœur en moi  (je le porte
dans mon cœur) sans lui jamais je ne suis (où
que j'aille, tu vas, ma tendre ; et tout ce qui est fait
par moi,  est ton œuvre, mon trésor)
je ne crains                                                                  
aucune destinée (car tu es ma destinée, ma douce)
je ne veux aucun monde, (car beauté, tu es mon monde, mon évidence)
Tu es ce qu'a toujours voulu dire une lune
et ce que chantera toujours un soleil c'est toi. 

Tel est le profond secret que nul ne connait
(c’est la racine de la racine le bourgeon du bourgeon
et le ciel du ciel d’un arbre appelé vie qui croît plus
haut que l’âme ne saurait l’espérer ou l’esprit le cacher)
et c’est la merveille qui maintient les étoiles éparses

Je porte ton cœur (je le porte en mon cœur)

 

 

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18 mai 2017

Miroir



Qui me reflète sinon toi-même je me vois si peu
Sans toi je ne vois rien qu'une étendue déserte
Entre autrefois et aujourd'hui
Il y a eu toutes ces morts que j'ai franchies sur de la paille
Je n'ai pas pu percer le mur de mon miroir
Il m'a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie

Je t'aime pour ta sagesse qui n'est pas la mienne
Pour la santé
Je t'aime contre tout ce qui n'est qu'illusion
Pour ce cœur immortel que je ne détiens pas
Tu crois être le doute et tu n'es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
Quand je suis sûr de moi.

                                             Paul Eluard

 

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15 mai 2017

On ne retient rien

Rien.
On ne retient rien…
Ni au creux de ses mains
Ni au creux de ses reins.
On ne retient
Ni la pluie qui ruisselle
Ni l’enfant qui dort
Ni la neige éternelle
Ni le navire au port.
Pourtant,
On fait semblant d’y croire
De posséder et d’avoir.
Mes mains à moi sont vides,
Je n’ai plus faim.
J’ai oublié jusqu’à l’appétit.
Donnez-moi juste l’envie,
Donnez-moi un peu de pain
Blanc ou noir,
Peu m’importe,
Pour que revivent les lettres mortes
Du pain au son du pain au seigle,
Pour m’envoler comme l’aigle.
Du pain complet
Du pain au sel,
Pour retrouver le goût
De mon essentiel.

Monique Bousch - Poussière d’étoile

 

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22 avril 2017

Avant que meurent les roses

 

L’écho d’une porte qui s’ouvre au loin
Un édredon de lumière bouscule
Le sablier où s’engrange soudain
Un nuage sans âge et noctambule

Dans la brèche ouverte, le temps sournois
Recouvre les lampes de son silence
Viens, sortons l’orage de son carquois
Et cheminons vers une autre urgence

Le matin qui vient est vierge de pas
Foulé seulement par quelques étoiles
Alignant leurs costumes et cabas
Derrière cette nuit qui met les voiles

Aux odeurs du printemps ensemencé
Par le jour, dépend notre renaissance
Un craquement dans l’âtre du passé
Ne peut arrêter notre transhumance

L’encre des mots coule le long du cœur
Tel un ruisseau serpentant la montagne
Dans les cheveux de l’aube, le bonheur
hisse les heures au mât de cocagne

J’ai besoin que tu inventes ce lieu
Dans la marge des ombres où éclosent
Nos bouches ivres et remplies d’aveu
Aimons nous avant que meurent les roses

Cassiopee - Nuées poétiques

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07 avril 2017

Tassine de l'éternité et de la confusion

Je n'ai pas connu
d'autre éloignement que le Tien
après avoir acquis la certitude
que proche et lointain ne font qu'un
Et moi-même
Si je m'éloigne
l'éloignement est mon compagnon
comment l'éloignement peut-il être
alors que l'amour est un

Al Hallâj - Le livre des Tawassines

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31 mars 2017

Un tout me traverse
Le corps comme un bois poreux
Rameaux dans le dos.

                                                                  Figaro

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06 janvier 2017

Le toit du monde - Henry Bauchau

Quand revient le solstice bleu
La vie est dans sa certitude
Je suis semé, je suis germé
Je suis donné à l’unanime

C’est au solstice de la nuit
C’est au temps de l’incertitude
Que le grain meurt, que le poète
Marche sur le toit bleu du monde

                                Accueil- Beausoleil

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19 décembre 2016

The clock of man - Eric Lomax

Au commencement du temps,
une heure sur le cadran.
Une goutte de rosée
et deux heures ont sonné.
Trois heures étaient passées
quand un arbre était né.
L'arbre devint une porte
et quatre heures étaient mortes.
L'horloge frappa cinq coups
qu'un homme était debout.
Ne rien gâcher de ce temps,
chaque tic-tac sur le cadran.
Je me tiens à la porte et frappe un coup.

 

 

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