Entre Ciel et Terre

17 octobre 2017

Dans le marronnier un battement d'ailes
et un chant d'oiseaux.
La lumière bruit dans le feuillage
où brillent des larmes de nuit.

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04 septembre 2017

Chant de Lumière

Une trace de toi me saisit au matin.
Une mélopée douce amère, saudade,
souvenir scellé d'une offrande oubliée
aux frontières de l'exil.

Il y a si longtemps que je marche sans toi.
J'ai oublié jusqu'au parfum de tes mots,
oublié ta voix aux accents de silence,
égaré son fil qui tissait l'aurore.

Mais voici qu'une trille s'est emparé de mon souffle
que mon cœur est happé par un brin de lumière.
S
a musique  rayonne depuis l'orient
et fait bruire les oiseaux.

De ton cœur je m'étais éloignée,
un chant d'ostensoir me ramène vers toi,
il m'éclabousse de nacre,
trouble ma vue de sa moire.

Sans toi, la nuit est vide du jour à venir,
le soleil désargenté dans des cieux démunis ;
les étoiles désertent l'azur
et la louange de l'eau se brise sur des sables brûlants.

Mais tout comme l'eau ne peut se retirer d'elle-même,
je ne peux me départir de toi.
Tu me ravis de l'abîme,
me tailles de ton amour lapidaire.

Je m'étais retiré de moi et j'avais déserté tes pas.
Il a suffit qu'un souffle, dans la ramure des chênes,
darde ton visage dans la poussière du jour,
il a suffit d'une trace pour que je me brise et te trouve.

Mon âme ciselée devient chaton et mon cœur gemme
Ils rayonnent ta sagesse,
enflamment le silence et étincellent les ombres.
Ils tissent l'aurore qui me mène vers toi.





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11 juin 2017

Froids,
les rêves qui me baignent,
le silence qui te voile.
Doux,
la pensée qui m'étreint,
ton cœur contre le mien.

 

 

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28 mars 2017

Lune brune

La lune noire éclaire la nuit
allumant mille feux sur la voûte saphir.
Un rêve glisse sur l'herbe toute perlée d'étoiles,
nostalgie d'un émoi englouti,
d'une plume sur le bout de mes doigts
dessinant le frémissement d'un parfum.

Il y avait le chant du ruisseau
et ton souffle sur la rondeur de mon sein ;
La tourterelle dans le cyprès
et le printemps qui ruisselait dans ton regard
brûlant la courbure de mes hanches.

L'herbe mouillée est froide sous mes pieds.
Le dome étoilé se tait.
Sous la lune noire, terne est le rythme du cœur,
sans couleur la plume et les mots.
Les bleus s'en sont allés.
Comme tout est silencieux !

Au sol, la lune luit de cette absence
laissée par un voleur inattentif.
Sous la fenêtre ronde, un petit grain a posé
juste assez de douceur dans la poussière.
Le rêve prend son envol.

 

plumea10
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24 mars 2017

Ni plus, ni moins

Ton Amour Est.
Comme le matin du jour,
pas plus.
Comme le crépuscule de la nuit,
pas moins.
Comme l'ombre du soleil,
Il est jeu, danse, pas de deux
sans l'émoi sous le toit des étoiles.

Il Est.
Comme le rai d'un rêve
troublé de lumière.
Comme le dessin du souffle
agité d'ombres voletantes.
Comme un éclat de bonheur déchirant le silence,
pas plus.
Comme un baiser sur un morceau de miel,
pas moins.

Sur l'envers de l'inoir, Il se pose.
Silhouette  tremblante, reflet d'un souvenir.
Pas plus.
Etincelle d'éternité, embrasement perpétuel.
Pas moins.
Trace laissée par le cœur 
sur l'endroit d'un espoir versant l'inespérance.
Pas plus.
Eclisse enflammée enfoncée dans le jour de la nuit.
Pas moins.

Ton Amour Est.
Valeur absolue de mon âme aliénée,
moins que moi,
plus que Toi,
émoi du Je suis.

 

 

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28 février 2017

Dehors, il pleure

Il pleure au-dehors.
Il pleure sur les pommiers qui ne seront jamais en fleurs.
Il pleure dans la nuit du matin.
Le vent de l'occident cingle les vitres.
La pluie s'écrase en grosses gouttes et dégouline sur le regard.
Les yeux sont secs.
Le cœur se tient au chaud derrière les murs.
L'esprit émigre et cherche un feu,
la flamme est enfermée dans le fourneau.
Pas de lumière.

Il fait si froid.
Les larmes se font glace sous un ciel blanc.
La terre a vieilli d'un coup, oubliant le printemps.
N'était-ce donc qu'un rêve ?
Ces printemps qui riaient ?
Ces rires qui fleurissaient ?
Le vent souffle si fort, il fait hurler les arbres ;
il arrache leurs branches et les promesses qui s'y accrochent.
Il emporte les chants des charbonnières et des nonettes.
Plus rien ne vole dans le ciel, hormis la mort.

Il pleut au dehors.
Les giboulées de mars balayent la chaleur.
Avril sera bientôt là, mai le suivra
et les mésanges auront un nid.
La chaleur reviendra, les arbres seront verts.
Comment seront les cœurs ?
Où seras-tu, toi, le gardien de mon âme ?
Le soleil brillera-t-il au nord ?
Au sud, tout brûle malgré la pluie.
Les larmes n'y sont que mirages parmi les ruines.
Comme tu manques à mon cœur  lorsque dehors il pleure !
Lorsque j'entends cingler le vent et que je sais tous les déracinés,
et que je sais qu'il n'y aura pas de fruits sur les pommiers.




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04 janvier 2017

Adombrement

Adombrée, la vie soupire et expire le souffle premier,
enfante la mort sur le lit de noces.
De baisers en caresses, elle darde les Cieux
et crucifie les Enfers

Sur la couche glacée, elle enflamme le jour
d'une lune fiévreuse effleurant de ses lèvres,
avinées de brune et d'aurore,
l'astre roi qui décline.

D'ombre gorgé, un désir croît
et se dresse
dans le temple secret.
Fait de terre et de sang, de ciel et de chair,
il palpite et se trouble d'être ainsi touché.

La nuit tressaille et dans les broussailles
un frémissement se propage,
un ondoiement incertain s'insinue dans les profondeurs
et laisse une trace de feu.

La nuit se consume et l'ombre s'éteint.
L'étreinte agonise dans l'inspir absent.
La vie, adombrée, s'agenouille et pleure
sous la brûlure de l'Être.

 

 

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03 janvier 2017

Ombre

Une ombre se répand et fait frissonner la nuit.
Un mamelon se dresse au-dessus d'une plaine humide.
L'ombre chemine sur l'onde et trace des lignes de feu,
langues ardentes léchant les contreforts des collines,
dévalant les monts jusqu'à une grotte
repliée dans le creux d'une ténébreuse vallée.

La sombreur, silencieusement, serpente
et s'insinue dans le sanctuaire
pour s'enivrer de l'essence qui sourd
et ruisselle du calice secret.
La nuit s'extasie.
L'ombre parcourt ses formes,
dessine l'informe des creux où frémit le désir,
où palpite la vie qui coule sous la surface
attendant un soupir pour façonner l'Être.

 

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Image internet

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12 décembre 2016

Aîtres

De notre humanité que faisons-nous ?
Une aurore pour construire un matin de poussière.
Au crépuscule l'ombre
et nous marchons loin de nos aîtres.

Dans les décombres du jour un parfum,
une fleur, un enfant.
L'innocence grandit,  trace une voix
et des pas que je suis.
Ils ne s'effaceront plus
puisque ton regard, ton sourire
me construit au matin.

Au soir, les ruines résonnent
de cris de joie, de détresse,
d'une main qui se tend,
d'un baiser qui se donne,
d'un corps outragé,
d'un cœur qui rayonne,
d'une mère qui pleure
et d'un père qui chante
pour semer des étoiles, des rêves,
peindre la nuit et une aube
si rouge de notre humanité.

 Des canons tonnent au loin,
un homme ordonne.
Mais il rayonne toujours le cœur,
il résonne encore le jour.

Il résonne du chant du père
et du baiser donné ;
des larmes de la mère
et de la main tendue
 de leur humanité,
du parfum de ta voix.
C'est peut-être cela être humain, être Toi.

De mon humanité, je n'ai rien fait.
Seulement aimer, même le tyran.
Seulement t'aimer, sans conditions.
Sur les ruines de nos aîtres,
l'ombre construit le matin.

 

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Abbaye de Boschaud

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05 décembre 2016

Indicible

Lire
Lire sans rien dire
sans rien écrire.
Lire en silence
les pas de danse
qui élancent les mots.

Surtout ne rien dire.
Les étoiles chantent
sur des lignes en partance.

Celer l'impatience,
attendre le mot
pour dire en silence
l'absence et le manque
à te lire, à t'écrire, à peindre
L'indicible de toi.

 

 

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