Esprits-rebelles

La poésie ne sert à rien ?
                                                 La poésie ! Vous plaisantez j'espère ? 
                                                 A quoi ça sert la poésie à notre moderne époque, 
                                                 la poésie ne sert à rien !
La poésie ne sert à rien, soit, mais elle est un plaisir 
Le plaisir ne sert à rien, sauf à se faire plaisir
Et avoir du plaisir, c'est simplement se sentir vivant
                                                La poésie, la bonne poésie  donne la chair de poule, 
                                                un bonheur, une émotion, les larmes aux yeux...
La poésie est une chose fantastique ! 
Et si l'émotion procurée par la poésie était un remède à nos maux

                                               Sylviane Le Menn  http://www.abadennou.fr/

 

 

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13 février 2017

Tempête

Bourrasques et rafales
Le vent s'emporte
Branches brisées et voiles déchirées
L'esprit éparpille à tout va
Tourbillons de sable
Les pensées volent
Eclats de pluie glacée
Le grain laboure la terre
Dessous les vers les taupes
le sang  séché
Le silence étouffe
Bruit de l'arme de la cognée
La démence saisit
Gémissements des chênes
Le ciel tarit
Blanches tornades
évaporées sitôt que nées
Poussière de cris
L'être reploie
Ivresse soufflée rompue
L'ombre émiette
Le jardin dévasté
Les nuées se déchaînent
dessèchent le sang
les vers dessous la terre
La brune claire
Les ténèbres submergent
Les voix dans la tourmente
L'orient est noir
Rugissements du ponant
La tempête forcit
Tout craque se fend s'offense
Le sommeil fuit
Coups de boutoirs
L'esprit vacille

Le monde chancèle

 

 

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22 janvier 2017

De sable et de vent sont fait les espoirs. Dans la brume, la force des rêves dessine un chemin. Au bout, peut-être toi.

 

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Paysage d'automne

 

 

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10 janvier 2017

Carré de ciel

Le carré de ciel est toujours là de même que les fauteuils bien rangés le long du mur de cette pièce sombre et surchauffée, prêts à accueillir la pesanteur, la lourdeur des êtres malades, amputés, atrophiés ou déformés, prêts à offrir le repos, la douceur. Le lieu est familier et la souffrance aussi. Mais mon cœur bronche, se cabre et rue de tous côtés, contre la mécanique du corps.

Si peu d'envie dans les regards, si peu de regards en vie.

Être en vie, c'est être désireux de goûter à l'envie les fruits de la vie. Que sont devenus les fruits de l'envie ? Le désir ? Je connais l'envie qui est jalousie ou convoitise, mais j'ignore l'en vie, ce désir qui est richesse.  Sans doute l'ai-je connu autrefois, mais je l'ai oublié, perdu quelque part en chemin, sans rien voir. Un jour, il n'était juste plus là. Il ne me fait pas défaut et pourtant il est vrai que parfois, je cherche quelque chose, ignorante de la chose cherchée ou bien je regarde les couleurs chatoyantes d'un coucher de soleil et ne trouve que le vide là où devrait se tenir l'émoi d'un émerveillement.

Je lève les yeux. Dans le carré, les nuages courent sur un ciel gris bleu. Quelques feuilles s'accrochent encore sur des bouts de ramures comme un souvenir. Derrière la porte verte, dans le couloir sombre, des bruits de cannes, des bruits de voix. J'entends un sourire encourageant, un soupir, découragé.

Je suis fatiguée. Déjà ! Mes pensées se tournent vers toi. Présence réconfortante, comme ce carré de lumière, ce bout de ciel par lequel s'échappent les rêves. Ici, on ne rêve pas. On rééduque ! Et le sens de la vie s'écoule dans le moule d'un univers aseptisé. Rééduqués, les rêveurs et les poètes ! Rééduqués ceux que la vie brise et broie sous les roues uniformes de la norme bien calées dans les ornières d'une autoroute à sens unique.

Rééduqués, les rééducateurs ! Obéissants mais patients. Avec encore un petit bout de ciel dans les yeux, un peu de chaleur pour réchauffer le cœur qui a pris froid à condition de bannir les larmes et la soie qui les drape et sapent leurs efforts méritoires pour réadapter l'être inconformé aux carcans d'un monde déformé.

Rééduqués, ceux qui bougonnent ou tempêtent et se jettent dans le vide de leur vie. Serais-je aussi redressée ? Je lève les yeux. Il y a des nuages tout là-haut – j'ai encore un peu de temps – alors j'enfourche l'un d'eux et m'en vais loin du centre.

Oubliés les blouses blanches et les chariots, oubliée la douleur, oubliée la fatigue. Je veux juste dormir un peu pour mieux me souvenir de toi, de ce désir qui fut autrefois. Après, ça ira mieux.

 

 

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08 janvier 2017

Sur le nez du chat
des ailes bleutés perchées
Elles sont à croquer.
Mais couché en rond, le chat d'ailes s'est mis à rêver

 

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06 janvier 2017

Le toit du monde - Henry Bauchau

Quand revient le solstice bleu
La vie est dans sa certitude
Je suis semé, je suis germé
Je suis donné à l’unanime

C’est au solstice de la nuit
C’est au temps de l’incertitude
Que le grain meurt, que le poète
Marche sur le toit bleu du monde

                                Accueil- Beausoleil

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Avec une houe, on peut pétrir la terre et semer le pain de demain. Ou bien abattre un être et meurtrir l'humanité.

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Paysan avec houe - Georges Seura

 

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04 janvier 2017

Adombrement

Adombrée, la vie soupire et expire le souffle premier,
enfante la mort sur le lit de noces.
De baisers en caresses, elle darde les Cieux
et crucifie les Enfers

Sur la couche glacée, elle enflamme le jour
d'une lune fiévreuse effleurant de ses lèvres,
avinées de brune et d'aurore,
l'astre roi qui décline.

D'ombre gorgé, un désir croît
et se dresse
dans le temple secret.
Fait de terre et de sang, de ciel et de chair,
il palpite et se trouble d'être ainsi touché.

La nuit tressaille et dans les broussailles
un frémissement se propage,
un ondoiement incertain s'insinue dans les profondeurs
et laisse une trace de feu.

La nuit se consume et l'ombre s'éteint.
L'étreinte agonise dans l'inspir absent.
La vie, adombrée, s'agenouille et pleure
sous la brûlure de l'Être.

 

 

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03 janvier 2017

Ombre

Une ombre se répand et fait frissonner la nuit.
Un mamelon se dresse au-dessus d'une plaine humide.
L'ombre chemine sur l'onde et trace des lignes de feu,
langues ardentes léchant les contreforts des collines,
dévalant les monts jusqu'à une grotte
repliée dans le creux d'une ténébreuse vallée.

La sombreur, silencieusement, serpente
et s'insinue dans le sanctuaire
pour s'enivrer de l'essence qui sourd
et ruisselle du calice secret.
La nuit s'extasie.
L'ombre parcourt ses formes,
dessine l'informe des creux où frémit le désir,
où palpite la vie qui coule sous la surface
attendant un soupir pour façonner l'Être.

 

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Image internet

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24 décembre 2016

Ce n'est pas une croix que je porte, mais un arbre, il ne s'enracine pas dans un calvaire mais sur un mont, ce n'est pas le symbole d'un supplice mais un chemin qui s'enfonce dans la nuit et mène vers l'aube.

 

 

Posté par Auria_ à 11:17 - - Commentaires [2] - Permalien [#]