Esprits-rebelles

La poésie ne sert à rien ?
                                                 La poésie ! Vous plaisantez j'espère ? 
                                                 A quoi ça sert la poésie à notre moderne époque, 
                                                 la poésie ne sert à rien !
La poésie ne sert à rien, soit, mais elle est un plaisir 
Le plaisir ne sert à rien, sauf à se faire plaisir
Et avoir du plaisir, c'est simplement se sentir vivant
                                                La poésie, la bonne poésie  donne la chair de poule, 
                                                un bonheur, une émotion, les larmes aux yeux...
La poésie est une chose fantastique ! 
Et si l'émotion procurée par la poésie était un remède à nos maux

                                               Sylviane Le Menn  http://www.abadennou.fr/

 

 

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09 décembre 2016

Il y a des jours comme ça où on se désabuse pour plonger dans les tréfonds de l'être ; des jours où l'on voudrait abandonner son ipséité pour s'évanouir dans un magma informe et indolore,  pour se soustraire à la peur et la douleur, mais rien n'y fait. On garde l'illusion qu'un peu de chaleur suffit à lénifier ce qui navre le corps, que des mots peuvent arracher le dard de la souffrance et on traverse le jour. Ni spectre, ni vivant.

Il y a des jours comme ça où la poésie se délite, où les maux imprègnent chaque pore de la vie, chaque atome du corps. Où le feu contre lequel on se blottit brûle la chair sans éloigner le froid qui fige le sang. Les couvertures ne sont plus un rempart, ni la couche un lieu de repos. Et les voix entendues, telles des rayons de lune effleurant la surface du lac sans pouvoir apaiser les remouds provoqués par le vent et la pluie, se tiennent sur la frange du jour, immobiles, comme un souffle présent mais qui serait sans force pour soulever le voile.

Il y a des jours où le bleu des cieux ne descend pas jusqu'ici bas, où on voit bien le rayon d'argent transpercer la surface mais on est bien trop loin au fond ; des jours où le matin a extirpé la lumière de la nuit, où on a cru se lever et s'animer pour découvrir que le corps gît toujours, tel un pantin sans force ni volonté.

Il y a des jours où on voudrait s'ancrer pour stopper la dérive mais l'encre noircit les pensées et on ne sait plus où on est. Des jours où le silence n'est plus qu'absence. Absence de cris, absence de bruit et on entend plus les pleurs ni la douleur, juste ces cœurs qui ont cessé de battre. Là-bas quelque part en orient, dans la poussière et les flammes, à Alep, à Mossoul. Ailleurs, sous la mitraille ou dans le froid avalés par l'inhumanité.

Il y a des jours comme ça où tu n'es juste pas là. Mais peut-être que c'est moi qui me suis absentée.

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05 décembre 2016

Indicible

Lire
Lire sans rien dire
sans rien écrire.
Lire en silence
les pas de danse
qui élancent les mots.

Surtout ne rien dire.
Les étoiles chantent
sur des lignes en partance.

Celer l'impatience,
attendre le mot
pour dire en silence
l'absence et le manque
à te lire, à t'écrire, à peindre
L'indicible de toi.

 

 

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30 novembre 2016

" Si la politique est la gestion de la cité des hommes, la spiritualité est celle de notre cité intérieure. Elle nous engage à cheminer dans le sens du bien, de l’unité, de la fraternité. Elle n’a pas pour vocation d’exclure le politique : son rôle est; au contraire, de lui donner du sens, de l’humaniser "

Cheikh Khaled Bentounes

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15 novembre 2016

Orée du temps

Il manque un tic au tac de mon cœur
Un entre deux au pas de danse.
La déchirure rougit la nuit
si blanche d'être sans rêve,
sans trêve d'être sans toi.

Les plumes noires envolent l'être.
Demain, un pas de plus, un pas tout bas
et je m'éloignerai.
Un tac de moins, les heures s'affolent
et dégringolent du cadran.

Sous les aiguilles, le temps s'éteint,
il bat à contre-temps.
Doux, l'heur d'avoir suivi tes pas
et l'instant qui me voit aussi blanche que la nuit,
aussi noire que ses ailes.

 

A Slice of Silence
Nathan Wirth - A Slice of Silence

 

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14 novembre 2016

La vrai prière est silence.  Elle est accueil de soi et de l'autre, offrande de soi à l'autre.

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11 novembre 2016

La Cité du passé - Khalil Gibran

La Vie me mena jusqu'au pied du mont de la jeunesse et me fît signe de me retourner. Je vis alors une cité aux formes étranges, vautrée dans une plaine où déambulaient les ombres et les vapeurs multicolores. Elle était enveloppée d'une délicate nappe de brouillard qui la rendait à peine visible.

Je dis : «Qu'est-ce donc, ô Vie ?»
Elle me répondit : «C'est la cité du passé. Alors contemple-la. »
Je la contemplai et je vis :
Des établissements d'affaires assis comme des géants sous les ailes du sommeil.
Des mosquées de paroles qui fredonnent les chants de l'espoir alors qu'autour d'elles planent des esprits poussant des cris de désespoir.
Des temples de religions érigés par la certitude puis ruinés par le doute.
Des minarets de pensées dressés haut comme des mains de mendiants qui implorent le ciel.
Des rues de penchants qui s'étalent comme le fleuve au cœur des collines.
Des échoppes de secrets gardées par la discrétion puis pillées par les voleurs d'informations.
Des tours de hardiesse bâties par le courage puis détruites par la crainte.
Des palaces de rêves parés par les nuits puis démolis par le réveil.
Des huttes de petitesse habitées par la faiblesse et des temples de rassemblement où séjourne l'abnégation.
Des clubs de connaissance éclairés par l'esprit puis assombris par l'ignorance. Des tavernes d'amour où les amants viennent pour s'enivrer et où le vide se moque d'eux.
Des théâtres d'âges dans lesquels la vie joue ses romans, puis vient la mort pour clore sa tragédie.
C'est la cité du passé. Elle est aussi lointaine que proche, aussi visible que cachée.

Puis la Vie marcha devant moi en me disant : « Suis-moi, nous nous sommes trop attardés ici.» Je lui demandai : «Où allons-nous à présent, ô Vie?»

Elle me répondit : «À la cité de l'avenir. » Je lui dis : «Pitié, je suis exténué par la marche, mes pieds ont été écorchés par les rochers et les obstacles ont épuisés mes forces.»
Elle me rétorqua : «Avance, car celui qui s'arrête est lâche et celui qui regarde la cité du passé est ignorant. »

 

ville-fantome
Ville fantome

 

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10 novembre 2016

Cri de nuit

Dans le noir
La tempête enrage,
trébuche sur la nuit
à grand cri.

Les pleurs planent sur les vagues,
déferlent sur les rêves
,
plongent dans le sommeil,
l'éclaboussent d'orage.

D'un battement d'ailes,
la mie du cœur
déferle les voiles noires.
L'envol délie l'horizon

 

Vol

 

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Misere - Terra Maïre

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08 novembre 2016

Au jour qui s'endort
l'encre révèle les nues
Nocturne baiser
Sous les lignes caressées, l'eau du cœur grave les corps.

 

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Philosoph -
  Max Klinger, eau-forte

 

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