Esprits-rebelles

La poésie ne sert à rien ?
                                                 La poésie ! Vous plaisantez j'espère ? 
                                                 A quoi ça sert la poésie à notre moderne époque, 
                                                 la poésie ne sert à rien !
La poésie ne sert à rien, soit, mais elle est un plaisir 
Le plaisir ne sert à rien, sauf à se faire plaisir
Et avoir du plaisir, c'est simplement se sentir vivant
                                                La poésie, la bonne poésie  donne la chair de poule, 
                                                un bonheur, une émotion, les larmes aux yeux...
La poésie est une chose fantastique ! 
Et si l'émotion procurée par la poésie était un remède à nos maux

                                               Sylviane Le Menn  http://www.abadennou.fr/

 

 

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05 novembre 2018

Puiser au secret cet amour lumière,
auprès de son silence
savourer l'instant et puis
ceindre le ciel comme on donne un baiser,
abandonner avec un cœur ardent
l'éphémère de l'être.

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Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d’eux. Un moment nous serons l’équipage de cette flotte composée d’unités rétives, et le temps d’un grain, son amiral. Puis le large la reprendra, nous laissant à nos torrents limoneux et à nos barbelés givrés.

René Char                                                                   

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30 octobre 2018

Automne - Albert Samain

Le vent tourbillonnant, qui rabat les volets,
Là-bas tord la forêt comme une chevelure.
Des troncs entrechoqués monte un puissant murmure
Pareil au bruit des mers, rouleuses de galets.

L'Automne qui descend les collines voilées
Fait, sous ses pas profonds, tressaillir notre cœur ;
Et voici que s'afflige avec plus de ferveur
Le tendre désespoir des roses envolées.

Le vol des guêpes d'or qui vibrait sans repos
S'est tu ; le pêne grince à la grille rouillée ;
La tonnelle grelotte et la terre est mouillée,
Et le linge blanc claque, éperdu, dans l'enclos.

Le jardin nu sourit comme une face aimée
Qui vous dit longuement adieu, quand la mort vient ;
Seul, le son d'une enclume ou l'aboiement d'un chien
Monte, mélancolique, à la vitre fermée.

Suscitant des pensers d'immortelle et de buis,
La cloche sonne, grave, au cœur de la paroisse ;
Et la lumière, avec un long frisson d'angoisse,
Ecoute au fond du ciel venir des longues nuits...

Les longues nuits demain remplaceront, lugubres,
Les limpides matins, les matins frais et fous,
Pleins de papillons blancs chavirant dans les choux
Et de voix sonnant clair dans les brises salubres.

Qu'importe, la maison, sans se plaindre de toi,
T'accueille avec son lierre et ses nids d'hirondelle,
Et, fêtant le retour du prodigue près d'elle,
Fait sortir la fumée à longs flots bleus du toit.

Lorsque la vie éclate et ruisselle et flamboie,
Ivre du vin trop fort de la terre, et laissant
Pendre ses cheveux lourds sur la coupe du sang,
L'âme impure est pareille à la fille de joie.

Mais les corbeaux au ciel s'assemblent par milliers,
Et déjà, reniant sa folie orageuse,
L'âme pousse un soupir joyeux de voyageuse
Qui retrouve, en rentrant, ses meubles familiers.

L'étendard de l'été pend noirci sur sa hampe.
Remonte dans ta chambre, accroche ton manteau ;
Et que ton rêve, ainsi qu'une rose dans l'eau,
S'entr'ouvre au doux soleil intime de la lampe.

Dans l'horloge pensive, au timbre avertisseur,
Mystérieusement bat le cœur du Silence.
La Solitude au seuil étend sa vigilance,
Et baise, en se penchant, ton front comme une soeur.

C'est le refuge élu, c'est la bonne demeure,
La cellule aux murs chauds, l'âtre au subtil loisir,
Où s'élabore, ainsi qu'un très rare élixir,
L'essence fine de la vie intérieure.

Là, tu peux déposer le masque et les fardeaux,
Loin de la foule et libre, enfin, des simagrées,
Afin que le parfum des choses préférées
Flotte, seul, pour ton coeur dans les plis des rideaux.

C'est la bonne saison, entre toutes féconde,
D'adorer tes vrais dieux, sans honte, à ta façon,
Et de descendre en toi jusqu'au divin frisson
De te découvrir jeune et vierge comme un monde !

Tout est calme ; le vent pleure au fond du couloir ;
Ton esprit a rompu ses chaînes imbéciles,
Et, nu, penché sur l'eau des heures immobiles,
Se mire au pur cristal de son propre miroir :

Et, près du feu qui meurt, ce sont des Grâces nues,
Des départs de vaisseaux haut voilés dans l'air vif,
L'âpre suc d'un baiser sensuel et pensif,
Et des soleils couchants sur des eaux inconnues.

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28 octobre 2018

Pulsation

La poésie dit tout, surtout lorsqu'elle ne dit rien.
Elle engendre doute et fragilité.
Elle est désir.
Bien plus qu'une espérance,
une certitude incertaine
vacillant dans le vent,
s'accrochant aux nuages.
Elle est ce qui naît,
là où s'arrête la pensée.
Elle se nourrit d'ombres et de lumières,
s'abreuve d'invisible.
A sa source,
quelques gouttes d'espoir.
L'Indicible Présence.
Elle est cette absence entre deux battements de cœur
imposant l'envol, la pulsation de vie.


 

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27 octobre 2018

Wang Wei

Wang Wei
Image Internet

 

L’atmosphère de l’automne est limpide et lointaine.
Je ne me sens plus loin des hommes.
Je me réjouis de voir les hérons sur la grève,
En même temps que les monts sortant des nuages.
Les flots limpides s’agitent vers le soir,
Le clair de lune brille et va cesser.
Cette nuit, appuyé sur ma rame unique,
Indécis, je voudrais ne jamais rentrer

Wang Wei
                                                                             Traduction Liou Kin-ling

 

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17 octobre 2018

Carnet à Spirale - William Sheller

 

 

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27 juin 2018

L'amitié est une cathédrale de la vie. Il n'est besoin que de poser la première pierre. Mot après mot elle s'édifie et nous érige. En son sein le Silence est Présence.

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15 avril 2018

Rires et larmes,
vie et mouvement.
Beauté d'un ciel nuageux.
Un ange s'est dessiné, comme une sourire de toi.

 

 

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11 avril 2018

Infiniment proche

je crois à l’opacité solitaire
au pur instant de la nuit noire
pour rencontrer sa vraie blessure
pour écouter sa vraie morsure
je crois à ces chemins
où le corps avance dans l’esprit
où l’on surprend
le bruit de fond des univers
par ces yeux
que la nuit
a pleurés en nous
par ces yeux que la vie
a lavés en nous
je crois qu’il faut habiter la lumière
par un long questionnement
sans réponse (...)
je crois aux cassures
de fièvre
aux sursauts de nuit
aux césures de nerf
je crois
qu’il faut prendre appui
sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer
à l’infini

Zéno Bianu

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