Une trace de toi me saisit au matin.
Une mélopée douce amère, saudade,
souvenir scellé d'une offrande oubliée
aux frontières de l'exil.

Il y a si longtemps que je marche sans toi.
J'ai oublié jusqu'au parfum de tes mots,
oublié ta voix aux accents de silence,
égaré son fil qui tissait l'aurore.

Mais voici qu'une trille s'est emparé de mon souffle
que mon cœur est happé par un brin de lumière.
S
a musique  rayonne depuis l'orient
et fait bruire les oiseaux.

De ton cœur je m'étais éloignée,
un chant d'ostensoir me ramène vers toi,
il m'éclabousse de nacre,
trouble ma vue de sa moire.

Sans toi, la nuit est vide du jour à venir,
le soleil désargenté dans des cieux démunis ;
les étoiles désertent l'azur
et la louange de l'eau se brise sur des sables brûlants.

Mais tout comme l'eau ne peut se retirer d'elle-même,
je ne peux me départir de toi.
Tu me ravis de l'abîme,
me tailles de ton amour lapidaire.

Je m'étais retiré de moi et j'avais déserté tes pas.
Il a suffit qu'un souffle, dans la ramure des chênes,
darde ton visage dans la poussière du jour,
il a suffit d'une trace pour que je me brise et te trouve.

Mon âme ciselée devient chaton et mon cœur gemme
Ils rayonnent ta sagesse,
enflamment le silence et étincellent les ombres.
Ils tissent l'aurore qui me mène vers toi.