28 octobre 2012

Christian Bobin

« L'âme est une fleur creuse de sang rouge. Elle frémit sous les ondées du chant. Elle s'ouvre dans l'éclaircie d'une voix. L'esprit s'éveille au creux du corps, au tronc du souffle, aux racines de la chaire. Puis il s'élève dans la gorge et s'enflamme dans l'air pur.» 
- La Part Manquante.-

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Christian Bobin ne raconte pas une histoire, il parle de moi, de nous. Ses mots ne disent rien, ils nous racontent. Ils sont comme ces histoires que l’on écoutait enfant, qui faisaient naître des images, des aventures. Ce ne sont pas les mots qui importent mais toutes ces images qu’elles suscitent. D’ailleurs ils sont parfois comme ces rêves que l’on ne comprend pas mais dont l’émotion, bien réelle, reste en impression sur notre cœur, devant nos yeux. Ils ne parlent pas à l’adulte que nous sommes mais à l’enfant que nous avons oublié d’être, que nous avons été peut-être, oui mais c’était il y a si longtemps.J’ai aimé chacun des tableaux de ce petit livre, je les lis, les relie et sous mes yeux ébahis apparaît un paysage aux couleurs pastelles avec parfois une touche un peu plus vive qui attire l’œil comme un souvenir et fait naître un sourire dans les yeux de l’enfant qui s’émerveille, sur mes lèvres qui se souviennent de ces chants d’antan.

“Ce n’est pas pour devenir écrivain que l’on écrit”. En effet, il n’est pas un écrivain comme les autres. Il peint avec les mots

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Blanche ronde, rouges danses

Je regarde ce monde
comme il est sombre
Le jour éteint la nuit
car les étoiles ont fuit
Le ciel a pleuré
les couleurs de l’été
avant qu’il ne soit né
et je me suis brûlée les ailes
en touchant l’arc-en-ciel
d’un rêve

Partout le rouge et le noir
se confondent
Partout le sang des victoires
inondent
le fleuve de nos pensées
jusqu’au cœur
de notre humanité
Il fait pousser des coquelicots
qui tachent
nos corsages d’enfants

De Baudelaire ou de Rimbaud
Je ne trouve plus de traces
Mais Sade
est toujours là
peignant des aquarelles
d’où dégouline la noirceur
de la terre de nos mères
Non
Jamais aucune larme
Ne lavera la nuit

Et la ronde
de sa blancheur
prolonge le monde
en une farandole naïve
en une danse tragique
piétinant le magique
Malgré tous les poètes
malgré leur ritournelles
Gavroche gît
tout  au fond du ruisseau

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19 octobre 2012

Haoma

 

Dans la mythologie perse, Haoma désignait le nom d'une boisson, consommée durant les cérémonies sacrificielles, permettant d'élever l'esprit et d'accéder à l'immortalité.

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Sur le seuil

A l’azur de mes mots
l’absolu fait défaut
quand sur mes doigts
se dessine le manque de toi.
Je ne peux ni ne sais dire le silence
troublante absence
qui consume mon âme.
Indécente flamme,
d’un désir nu
aux mortels inconnu.
Seuls les dieux connaissent
cette extase sans caresse,
cet émoi incendiaire
qui prépare la terre.
Ton regard me cultive
m’arrose pour que je vive
et tes mots m’ensemencent
d’une folle indécence
Mon impudique ardeur
Répond avec candeur
à ta main qui me cueille
et me pose au seuil
de mon Essence
en silence.

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Le Visage du Silence

Je regarde ses yeux
Sombres de se taire
J’oublie son visage
Il n’a pas d’âge
Il a tous les âges
Ses traits s’effacent
S’envolent dans ses paroles absentes
Se redessinent dans cette absence
J’écoute les mots qu’un souffle d’amour effeuille
D’une caresse tue
J’effleure cette inconscience
Regard douloureux
je saisie la folie
Les mots
les mots n'en ont pas
Qui résonnent au loin
Et couvrent le silence
Vacarme assourdissant
D’un amour fou à vouloir être vivant
D’un fou d’amour
Face voilée
Offert au regard
Offert à la plume
L’indicible d’encre de chine habillé
Confie à la feuille et au vent
La folie d’un instant
L’amour et le sourire
Sur le visage du silence

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17 octobre 2012

Le Chêne

Le vent a dépouillé le chêne

Le sol est jonché de ses larmes

tandis que ses rêves se dressent
nus

vers le ciel

 

 

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16 octobre 2012

Invitation

L’INVITATION

Je ne m’intéresse pas à ta façon de gagner ta vie Je veux savoir ce que tu désires de tout ton être
Et si tu oses rêver d’aller à la rencontre de ton désir profond.
Je ne m’intéresse pas à ton âge
Je veux savoir si tu prendras le risque de te ridiculiser pour l’amour,
Pour tes rêves, pour l’aventure de la vie.
Je ne m’intéresse pas à ta quadrature lunaire
Je veux savoir si tu as sondé le fond de ton propre chagrin,
Si, trahi par la vie, tu t’es ouvert à elle,
Ou si ses trahisons t’ont desséché et enfermé dans la peur de nouvelles peines !
Je veux savoir si tu sais être habité par la douleur, la tienne et la mienne,
Sans chercher à la cacher, à la minimiser, ou à la réparer.
Je veux savoir si tu sais être habité par la joie, la mienne et la tienne,
Si tu peux danser une danse sauvage et t’abandonner à l’extase
Jusqu’aux extrémités de ton corps et de ton être, sans nous rappeler à la prudence,
A la réalité, ou aux limites de la condition humaine.
Je ne m’intéresse pas à la véracité de ton histoire,
Je veux savoir si tu peux décevoir un autre afin de rester fidèle à toi-même
Et tolérer d’être accusé de trahison sans trahir ton âme.
Je veux savoir si tu peux être fidèle et ainsi digne de confiance.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté
Même si ce n’est pas joli tous les jours
Et si tu peux puiser ta vie dans la présence de Dieu.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l’échec, le tien et le mien,
Et quand même te tenir debout au bord du lac
Et crier, à l’éclat argenté de la pleine lune, « Oui ! ».
Cela ne m’intéresse pas de savoir où tu habites et combien d’argent tu possèdes,
Je veux savoir si tu peux te lever après une nuit de douleur et de désespoir,
Epuisé et meurtri jusqu’à la moelle des os et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.
Cela ne m’intéresse pas de savoir qui tu es, et comment tu es arrivé jusqu’ici.
Je veux savoir si tu te tiendras au milieu du feu avec moi sans reculer.
Cela ne m’intéresse pas de savoir où, quoi, avec qui tu as étudié.
Je veux savoir ce qui te soutient à l’intérieur quand tout le reste s’écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même
Et si tu aimes vraiment la compagnie que tu fréquentes dans les moments de solitude.
 

Oriah Mountain Dreamer, Aîné Améridien

 

 

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Sculpture Bruno Torf

 

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15 octobre 2012

Son Visage

Il y a longtemps déjà que tu le connais et pourtant à chaque instant tu le découvres. Son visage t'est familié mais tu ne saurais le dessiner et lorsque vous vous rencontrez, seul le vent, peut-être, pourrait nous raconter les paroles tues et les mots déposés.

D’un murmure, un jour, il a ouvert la porte de ton cœur béant qui s'est déversé dans le sien. Sans rien dire, il a accueilli le noir et le gris de tes vers, poésie ténébreuse dont tu ne voulais plus ; Parfois, tu as tenté de clore l'huis et de garder ces mots qui dévoilaient ton âme et te laissait nue sous ses yeux. Mais l’on a beau vouloir se taire, les cris restent et la plume ne peut que se soumettre. Alors de lettres fières et élancées en confidences bredouillées, tu as calligraphié tes maux. Il lisait, cela est certain. Jamais pourtant une parole n’est venue commenter ces poèmes couleur sang nuit et il te fallait attendre de voir  le regard, le sourire, pour y entendre bruire des mots étranges, d’une autre époque. De gestes esquissés en souffle de pensées, le noir et le gris s’en étaient allés. Et c’était bien ainsi.

Pourtant tu aurais tant voulu, juste le reflet d’un mot, juste l'ombre d’une lettre en écho à cette poésie. Un temps, tu avais fait confiance à la terre, aux étoiles, pour te porter ce bruissement plus léger qu’une brise d'été. La lune d’argent avait enfanté son secret et dévoilé sa face. Mais aujourd’hui, ensablée dans cette obscurité qui te colle à la peau, tu n’entends plus rien, tu ne vois plus rien. Ses trais s’effacent. On ne retient pas ces traits-là. Ils glissent entre les doigts de la mémoire comme dans un sablier, inexorablement, ils s’écoulent et se déposent sur le cœur et seule la clarté de la nuit peut les révéler.

La lune est noire ce soir.

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12 octobre 2012

De Glace - Pierre Lapointe

Tu peux jeter la pierre
Moi je ne sentirai rien
Car je suis fait de glace
Oui je suis fait de glace
A force de tomber
L'âme trop épuisée
J'ai fini par comprendre
Que tout malaise se passe
Que tout malaise se passe

Et puis cette musique
Que j'entends sans arrêt
Je sais qu'elle sera tienne
Je sais qu'elle sera mienne
Celle de l'astre qui tombe
Car lui aussi succombe
Au désir de tomber
Toujours un peu plus bas
Toujours un peu plus bas

Je sais qu'encore hier
L'amour s'est liquifié
Quelque part entre nous
Aux trois quarts de l'aller
Resterons-nous toujours
Pleurant à ses côtés
Espérant retrouver
L'ardeur des premiers jours
L'ardeur des premiers jours

Tu peux jeter la pierre
Moi je ne sentirai rien
Car je suis fait de glace
Oh, je suis fait de glace
A force de tomber
L'âme trop épuisée
J'ai fini par comprendre
Que tout malaise se passe
Que tout malaise se passera

http://www.myspace.com/video/my-kristov/pierre-lapointe-au-piano-de-glace/39560258

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10 octobre 2012

Malala

Ils ont tiré et fait saigner,
ce cœur d’enfant adolescent.
Pour bâillonner et mutiler
la voix du vent.

Mais le doux, le pénétrant
à raison de la force, même armée
le vent est plus puissant
qui souffle la vérité

C’est la voix d’une enfant
dont le sang a coulé
C’est la voie de Malala
qu’ils ne pourront fermer

Les voix de Zartef et Farida
chantent encore dans le vent
le doux, le pénétrant
aura raison de leur loi.

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