02 septembre 2013

Parfum d'océan

Assise sur un rocher, je contemple le soleil couchant qui allume la nuit. Déjà quelques étoiles piquent un azur plus vraiment clair et invitent à un voyage n’ayant rien d’imaginaire.

A mes pieds, les embruns s’échouent sur mes sens pourtant je sens la fragrance de la mer. Le vent, porteur de senteurs lointaines, joue dans les herbes sèches accrochées dans le sable, frêle chevelure retenant la vie dans des entrelacs sans fin. J’inspire doucement. Je tente de saisir ces parfums, de les retenir un instant, mais ils s’échappent sans cesse.

A la chaleur diurne succède une fraîcheur océane dont la douceur me parle d’un lieu où tu es. Le cri d’une mouette répond au hululement d’une chouette dans cet ailleurs où le bleu du ciel est déjà plus profond. Celle-ci se pose avec le jour, celle-là s’envole sur les ailes de la nuit. L’obscurité grandit. Sur l’horizon, une ligne opaline empêche encore le ciel de sombrer dans la mer, ciel étoilé de milliers de serments prononcés par des milliers d’amants et dont chaque astre est comme une fleur de cerisier chargée de promesses d’un lendemain fruité dont on ignore encore le goût. Ainsi en est-il de ceux qui sont passés et sont devenus des hiers. Leur saveur ramène dans le cœur un sentiment sucré.

Je me souviens d’une plage, un après-midi de septembre. Le sable buvait nos pas, ne gardant nulles traces de notre passage. Pourtant le temps a conservé cet instant quelque part dans une mémoire embaumant chaque soir et chaque matin de la vie. Je me souviens de cette chaude après-midi. Un vent léger ridait la surface si tranquille de l’eau, qu’on aurait pu se croire au bord d’un lac sans la ligne d’horizon sur laquelle la voûte céleste s’abîmait dans l’océan. Tu m’avais prise dans tes bras et les mouettes au-dessus s’étaient moquées de nous.

Au loin, le phare s’est allumé, de même que les réverbères de la ville à l’autre bout de l’anse. Mes pensées s’échappent et s’envolent vers un lointain pays. Je me suis éloignée de toi et pourtant en mon cœur tu demeures. La lune paraît, semant la lumière sur l’encre de l’eau, elle brode d’écume la surface dansante venue clapoter sur mes pieds, presque avec tendresse.
J’inspire à pleins poumons le noir du firmament, le sel et les embruns, l’humidité du sable et cette paix qui se répand.
Sur l’horizon, le ciel a épousé la mer.

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Le marronnier

Juste un marronnier
dans la brume du matin.
L'automne s'avance.
L'hiver sa ramure nue sera parée de mes rêves.

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01 septembre 2013

Nuances

Nuances d’un crépuscule
où s’allument des ombres chinoises
La vie s’éveille, le feu s’éteint.
Ailleurs, le chant d’une aube nouvelle
frémit

Sur un ciel moutonné
se déploient des rêves vermeils
perles d’oubli
d’une brume d’antan.
Bien Aimé, Te trouverai-je encore
sur un azur immaculé ?

La nuit se nuance
de bleu et de gris
Les étoiles se déploient

L’âme auprès de Toi 
s’étend en silence

et mes lèvres sur l’aurore se posent
pour goûter Ton sourire.

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Un ange à l'église

Au moment où le prêtre consacre les offrandes, un ange blond sort à quatre pattes d'un recoin du cœur. Sans égard pour la solennité de l'instant, il s'avance en portant sur le monde un regard curieux.
Il s'assied, face à l'autel juste derrière le prêtre, applaudit au moment où ce dernier s'incline, bat des ailes et puis s'en retourne dans l'ombre comme il était venu.

A la fin de l'office, son apparition me fait encore sourire, lorsque j'entends son rire alors que le prêtre dit avec gravité les noms des personnes décédées pour lesquelles une pensée particulière a été demandée. J'ai l'impression qu'il voit et entend ce qui reste hors de notre portée, tout absorbé que nous sommes, nous les adultes, par le sérieux de notre tristesse : cette lumière qui demeure invisible aux yeux des vivants et peut-être le rire de ceux que nous croyons morts.

Qui sait si ce n'est pas lui qui m'a invitée à venir assister à cet office, si loin de chez moi, alors que je ne vais jamais à la messe ?

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31 août 2013

Absence

J'ai confié aux racines du chêne un morceau de mon âme
pour qu'il en prenne soin.
Je me suis absentée de moi-même.
Elle se sentait bien seule.
L'autre morceau s'en est allé dans un ruisseau.
Libéré de mes larmes, il est parti en riant.
Demain, l'eau du ciel me réunira

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30 août 2013

Etre mort et vivre encore

"A quel moment de notre vie mourons-nous tout en continuant de vivre ? Plusieurs d'entre nous ont cessé d'être avant d'avoir rendu le dernier soupir. On les reconnaît à des signes qui trompent rarement ceux qui ont l'habitude d'observer les phénomènes secrets. Ils n'existent plus.  On en tient plus compte. On ne remarque plus leur présence, comme s'ils n'occupaient plus de place sur la terre, comme si déjà l'on marchait sur eux, comme s'ils n'étaient plus qu'une ombre, comme si l'on voyait à travers, comme s'ils n'étaient plus là. Ils sont devenus des signes qui ne marquent plus qu'une absence.

Ils survivent ainsi, mais savent qu'ils ne vivent plus. Ils ont gardé toute leur lucidité, mais leurs pensées fonctionnent dans le vide. Elles ne vont plus dans le passé, ne s'occupent plus de l'avenir et ne tiennent au présent que par l'ombre d'un fil déjà rompu."
..................................Avant le grand silence - Maurice Maeterlinck

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29 août 2013

Maurice Maeterlinck

« Quand nous commencerons à comprendre ce que devient la flamme de la bougie que nous soufflons, nous aurons fait un premier pas dans la connaissance de notre esprit, de notre âme ou de notre vie. »
Avant le Grand Silence.

 

Maurice Maeterlinck est né en Flandres en 1862, à Gand, dans une famille catholique francophone. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 1911 puis le Grand Cordon de l'Ordre de Léopold le 12 janvier 1920, avant d'être fait comte par le roi Albert en 1932.
Il s'est éteint à Nice en 1949.

En lisant "Avant le Grand Silence", je retrouve l'influence catholique dans laquelle il a été élevé, mais aussi les traces du carcan de la bourgeoisie de cette époque et dont il me semble qu'il a essayé de se libérer. A-t-il réussi ?

Poète, philosophe et essayiste, il a exploré l'univers de la pensée et de l'âme de maintes façons. "Ma vie est tout simplement l'histoire d'un homme avec une plume et du papier" dira-t-il de lui-même. Sa plume m'a enrichie par sa finesse, tout autant que par sa justesse.

 

« Mourir c'est cesser de vivre, vivre c'est cesser de mourir »

Souvent nous nous croyons en vie, mais nous ne vivons pas et certains morts demeurent plus vivant que les vivants.

Biographie de Maeterlinck

 

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La dernière danse

Dans cette ultime danse où se joue le hasard
Plus jamais ne serai ton cavalier de bal.
C'en est un autre qui, sous mon triste regard,
Te fera parcourir en tournoyant la salle.

En cette ultime danse où se joue le hasard
Quand il me faudra dire à ta vie adieu
Je voudrais que pour toi elle ait tous les égards,
Que tu saches un jour t'envoler dans les cieux.

En cette ultime danse où se joue le hasard
Quand je serai certain de te perdre à jamais
Te laisserai aller, regrettant ton départ,
Souhaitant que devant toi s'enfuient les vents mauvais

En cette ultime danse où se joue le hasard
Nous verrons nos esprits l'un à l'autre avoués.
Nous nous séparerons, endeuillés et hagards,
Quand le nœud qui nous lie se sera dénoué.

 ......................................La Citadelle des ombres - Robin Hoob

 

 

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21 août 2013

Eclat d'argent

Le hululement
de la chouette dans la nuit 
Une ombre dans l'ombre
Eclat d'argent sur le ciel. La Déesse me sourit

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20 août 2013

Elle tisse

 

Sans entrave,
Sans un nœud,
Sans un soupir
Sans peur
Sentinelle

Elle relie
Les volutes
En conscience
Sans science
Sans arpège
Sans lien

Comme Arachné
Sait l’unité
De sa toile
Pour créer
Sans attache,
Elle tisse
les couleurs
Sentiment
Du fil
de sa vie

......................Alcyan

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