04 janvier 2017

Adombrement

Adombrée, la vie soupire et expire le souffle premier,
enfante la mort sur le lit de noces.
De baisers en caresses, elle darde les Cieux
et crucifie les Enfers

Sur la couche glacée, elle enflamme le jour
d'une lune fiévreuse effleurant de ses lèvres,
avinées de brune et d'aurore,
l'astre roi qui décline.

D'ombre gorgé, un désir croît
et se dresse
dans le temple secret.
Fait de terre et de sang, de ciel et de chair,
il palpite et se trouble d'être ainsi touché.

La nuit tressaille et dans les broussailles
un frémissement se propage,
un ondoiement incertain s'insinue dans les profondeurs
et laisse une trace de feu.

La nuit se consume et l'ombre s'éteint.
L'étreinte agonise dans l'inspir absent.
La vie, adombrée, s'agenouille et pleure
sous la brûlure de l'Être.

 

 

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03 janvier 2017

Ombre

Une ombre se répand et fait frissonner la nuit.
Un mamelon se dresse au-dessus d'une plaine humide.
L'ombre chemine sur l'onde et trace des lignes de feu,
langues ardentes léchant les contreforts des collines,
dévalant les monts jusqu'à une grotte
repliée dans le creux d'une ténébreuse vallée.

La sombreur, silencieusement, serpente
et s'insinue dans le sanctuaire
pour s'enivrer de l'essence qui sourd
et ruisselle du calice secret.
La nuit s'extasie.
L'ombre parcourt ses formes,
dessine l'informe des creux où frémit le désir,
où palpite la vie qui coule sous la surface
attendant un soupir pour façonner l'Être.

 

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24 décembre 2016

Ce n'est pas une croix que je porte, mais un arbre, il ne s'enracine pas dans un calvaire mais sur un mont, ce n'est pas le symbole d'un supplice mais un chemin qui s'enfonce dans la nuit et mène vers l'aube.

 

 

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22 décembre 2016

Il ne reste rien

Il ne reste rien, mais il reste tout
Des ruines et du sang mais aussi des champs.
Des larmes, de la poussière mais aussi des armes.
Des cœurs qui battent et des cœurs silencieux.
Le bruit des canons et le souffle des flammes.

Il ne reste rien.
Un arbre éclaté sur la grande place,
un jeune arbrisseau dans un jardin clos.
Un ours en peluche, une lampe brisée ;
une table dressée, des bougies éteintes.

Il ne reste rien, mais il reste tout,
un souffle qui court le bitume troué,
un murmure qui enfle les ruisseaux taris ;
le froid qui rend gourds les cœurs bien trop fiers,
l'odeur de la poudre, il n'y a plus de pains chauds.

Il reste surtout des mots qui se taisent,
les cris du silence, une aurore en feu ;
Le chants des oiseaux dans les oliviers
et dans le feuillage, une complainte lasse
pour chanter demain encore endormi.

Il reste peut-être une lumière débile
éclairant un tout petit coin,
donnant toute sa force et toute sa richesse ;
un petit peu d'or sur un ciel d'étain,
un peu de chaleur pour passer la nuit.

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Le «Baiser» de Gustav Klimt - Tammam Azzam

 

 

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21 décembre 2016

Grâce

Il est des mémoires oubliées qui s'invitent au lever.
Réminiscences tapies au fond de la nuit,
faites de cris, de larmes et de sang,
outrages qui soufflent une rage d'être ainsi encagés.

Rendre grâce, rendre l'âme et puis
se relever, hagard.
Hagard,
marcher pour oublier ;

hagard,
tomber, le souffle coupé ;
hagard,
se laisser inspirer pour enfin expirer.

 

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20 décembre 2016

Was ist das Schwerste von allem  ? Was dir am leichtesten scheint  :
Mit den Augen sehen, was vor dir liegt.

                            Johann Wolfgang von Goethe

Qu'est-ce qui est le plus difficile ? Ce qui te semble le plus facile
Voir avec les yeux, ce qui est devant toi.

 

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19 décembre 2016

The clock of man - Eric Lomax

Au commencement du temps,
une heure sur le cadran.
Une goutte de rosée
et deux heures ont sonné.
De la rosée un arbre était né
et trois heures étaient passées
L'arbre devint une porte
et quatre heures étaient mortes.
Puis l'homme se mit debout
et l'horloge frappa cinq coups
Ne rien gâcher de ce temps,
chaque tic-tac sur le cadran.
Je me tiens à la porte et frappe un coup.

 

 

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17 décembre 2016

La Quête - Jacques Brel

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16 décembre 2016

L'arbre de rien

L'arbre de rien, ce n'est pas grand-chose si l'on y réfléchit bien. Il est tête en l'air et tourné sur lui-même. Mais en même temps s'il n'existait pas, il n'y aurait pas l'ombre d'un arbre.

                                             David Dumortier - Ces gens qui sont des arbres -

 

 

 

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14 décembre 2016

Uncanny valley

Souvenons-nous que nous sommes des humains.
Parce que nous l'oublions, l'homme se méprise lui-même, asservit la femme et exploite l'enfant qui est son avenir.
Parce que nous l'oublions, l'homme devient une marchandise et un marché à exploiter. Puis il devient une arme.
Parce que nous l'oublions, nous nous évadons dans des paradis artificiels pour retrouver ce qui nous manque, mais nous avons aussi oublié ce qui nous manque, alors la colère gronde et fait le lit de la guerre qui se propage dans les cœurs et fini par ravager l'humanité.

Souvenons-nous que nous sommes humains. La paix est à ce prix.

 



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