08 janvier 2017

Sur le nez du chat
des ailes bleutés perchées
Elles sont à croquer.
Mais couché en rond, le chat d'ailes s'est mis à rêver

 

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06 janvier 2017

Le toit du monde - Henry Bauchau

Quand revient le solstice bleu
La vie est dans sa certitude
Je suis semé, je suis germé
Je suis donné à l’unanime

C’est au solstice de la nuit
C’est au temps de l’incertitude
Que le grain meurt, que le poète
Marche sur le toit bleu du monde

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Inondé d'or, le jour s'achève et incendie de froidure les arbres givrés par l'hiver.
Des rivières de diamants couvrent les ramures ;
le souffle gelé, le cœur s'arrête un instant.

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Avec une houe, on peut pétrir la terre et semer le pain de demain. Ou bien abattre un être et meurtrir l'humanité.

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Paysan avec houe - Georges Seura

 

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04 janvier 2017

Adombrement

Adombrée, la vie soupire et expire le souffle premier,
enfante la mort sur le lit de noces.
De baisers en caresses, elle darde les Cieux
et crucifie les Enfers

Sur la couche glacée, elle enflamme le jour
d'une lune fiévreuse effleurant de ses lèvres,
avinées de brune et d'aurore,
l'astre roi qui décline.

D'ombre gorgé, un désir croît
et se dresse
dans le temple secret.
Fait de terre et de sang, de ciel et de chair,
il palpite et se trouble d'être ainsi touché.

La nuit tressaille et dans les broussailles
un frémissement se propage,
un ondoiement incertain s'insinue dans les profondeurs
et laisse une trace de feu.

La nuit se consume et l'ombre s'éteint.
L'étreinte agonise dans l'inspir absent.
La vie, adombrée, s'agenouille et pleure
sous la brûlure de l'Être.

 

 

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03 janvier 2017

Ombre

Une ombre se répand et fait frissonner la nuit.
Un mamelon se dresse au-dessus d'une plaine humide.
L'ombre chemine sur l'onde et trace des lignes de feu,
langues ardentes léchant les contreforts des collines,
dévalant les monts jusqu'à une grotte
repliée dans le creux d'une ténébreuse vallée.

La sombreur, silencieusement, serpente
et s'insinue dans le sanctuaire
pour s'enivrer de l'essence qui sourd
et ruisselle du calice secret.
La nuit s'extasie.
L'ombre parcourt ses formes,
dessine l'informe des creux où frémit le désir,
où palpite la vie qui coule sous la surface
attendant un soupir pour façonner l'Être.

 

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24 décembre 2016

Ce n'est pas une croix que je porte, mais un arbre, il ne s'enracine pas dans un calvaire mais sur un mont, ce n'est pas le symbole d'un supplice mais un chemin qui s'enfonce dans la nuit et mène vers l'aube.

 

 

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22 décembre 2016

Il ne reste rien

Il ne reste rien, mais il reste tout
Des ruines et du sang mais aussi des champs.
Des larmes, de la poussière mais aussi des armes.
Des cœurs qui battent et des cœurs silencieux.
Le bruit des canons et le souffle des flammes.

Il ne reste rien.
Un arbre éclaté sur la grande place,
un jeune arbrisseau dans un jardin clos.
Un ours en peluche, une lampe brisée ;
une table dressée, des bougies éteintes.

Il ne reste rien, mais il reste tout,
un souffle qui court le bitume troué,
un murmure qui enfle les ruisseaux taris ;
le froid qui rend gourds les cœurs bien trop fiers,
l'odeur de la poudre, il n'y a plus de pains chauds.

Il reste surtout des mots qui se taisent,
les cris du silence, une aurore en feu ;
Le chants des oiseaux dans les oliviers
et dans le feuillage, une complainte lasse
pour chanter demain encore endormi.

Il reste peut-être une lumière débile
éclairant un tout petit coin,
donnant toute sa force et toute sa richesse ;
un petit peu d'or sur un ciel d'étain,
un peu de chaleur pour passer la nuit.

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Le «Baiser» de Gustav Klimt - Tammam Azzam

 

 

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21 décembre 2016

Grâce

Il est des mémoires oubliées qui s'invitent au lever.
Réminiscences tapies au fond de la nuit,
faites de cris, de larmes et de sang,
outrages qui soufflent une rage d'être ainsi encagés.

Rendre grâce, rendre l'âme et puis
se relever, hagard.
Hagard,
marcher pour oublier ;

hagard,
tomber, le souffle coupé ;
hagard,
se laisser inspirer pour enfin expirer.

 

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20 décembre 2016

Was ist das Schwerste von allem  ? Was dir am leichtesten scheint  :
Mit den Augen sehen, was vor dir liegt.

                            Johann Wolfgang von Goethe

Qu'est-ce qui est le plus difficile ? Ce qui te semble le plus facile
Voir avec les yeux, ce qui est devant toi.

 

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