24 mars 2017

Ni plus, ni moins

Ton Amour Est.
Comme le matin du jour,
pas plus.
Comme le crépuscule de la nuit,
pas moins.
Comme l'ombre du soleil,
Il est jeu, danse, pas de deux
sans l'émoi sous le toit des étoiles.

Il Est.
Comme le rai d'un rêve
troublé de lumière.
Comme le dessin du souffle
agité d'ombres voletantes.
Comme un éclat de bonheur déchirant le silence,
pas plus.
Comme un baiser sur un morceau de miel,
pas moins.

Sur l'envers de l'inoir, Il se pose.
Silhouette  tremblante, reflet d'un souvenir.
Pas plus.
Etincelle d'éternité, embrasement perpétuel.
Pas moins.
Trace laissée par le cœur 
sur l'endroit d'un espoir versant l'inespérance.
Pas plus.
Eclisse enflammée enfoncée dans le jour de la nuit.
Pas moins.

Ton Amour Est.
Valeur absolue de mon âme aliénée,
moins que moi,
plus que Toi,
émoi du Je suis.

 

 

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23 mars 2017

« Se relever, même si parfois on n’arrive pas à se raccrocher à la vie, qui file à toute vitesse. Avancer, malgré les images d’horreur qui tournent en boucle dans la tête. Aller vers l’humanité, car l’humain était au rendez-vous ce jour-là ».

Christelle, rescapée des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016

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Haine sans frontière.
Le printemps vole en éclats
La douleur est guerre.
Dans le silence du bruit, le cri d'un chardonneret.

 

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19 mars 2017

Esprits rebelles

Nous ne sommes plus une terre de paix,
nous ne sommes plus une terre d'accueil.
Qu'avons-nous fait de notre cœur ?

C'était il y a longtemps, la mémoire s'en souvient.
La terre était fertile, c'était une terre d'asile
où dans les chants se propageaient les liens.
Caïn avait tué Abel, oui je me le rappelle.
Mais depuis les grandes eaux,
de Victor Hugo à Lorca, en passant par Celan,
Khalil Gibran et Ben Jelloun,
les cœurs rebelles ont fructifié.

Que sommes-nous devenus ?
Nous ne sommes plus une terre de paix,
nous ne sommes plus une terre d'accueil.

Il y eut pourtant tant de semeurs.
En ce temps là les cœurs étaient féconds
ensemencés par Saint Exupéry, Apollinaire et Giono,
et nous pensions les guerres bien loin
car nous savions, à l'autre, tendre la main.
Les portes étaient ouvertes et les batteuses en juillet
fêtaient le grain dans les grenier garnis.
Nous partagions le pain et n'étions pas avares de joie.

Que s'est-il passé aujourd'hui ?
Nous ne sommes plus une terre de paix,
nous ne sommes plus une terre d'accueil.

Les épines ont poussé, si noires malgré leurs fleurs.
Nos cœurs sont des ronciers portant des mûres si sures.
Nous ne sommes plus une terre fertile,
nous en avons banni Camus
et nos âmes sont débiles, Dostoïevsky est loin.
Le cœur s'étiole en jardin clos, mais tout comme le roseau,
si on lui donne un nay, il chante.
De proche en proche, sa voix s'entend,
de proche en proche, elle enfle et se répand.

Qu'avons-nous fait de notre souffle,
que faisons-nous de notre voix ?
Nous ne sommes plus une terre de paix,
nous ne sommes plus une terre d'accueil.

Qu'avons-nous fait de notre terre,
que faisons-nous de notre cœur ?
Nous ne sommes plus une terre de paix,
nous ne sommes plus une terre d'accueil.

Réveillez-vous, esprits rebelles !
Les moutons sont sans cœur et les loups n'ont pas d'âme.
Réveillez-vous, semez demain.

Donne moi le nay et chante.
l'utopie est un rêve ensemencée de liens
et la terre est fertile qui est une terre de paix
et la terre est féconde qui est une terre d'accueil.

 

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Image internet

 

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13 mars 2017

Route sinueuse

En hommage à Michelle décédé le 11 janvier de cette année 2017

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Photo Michelle- Par Chemins

 

Sinueuse est la route nous ramenant vers nous
Au-delà,
un pays aussi vaste qu'une trace de Toi,
un monde à incarner,
une poésie à dire,
un silence à chanter.

L'absent est une fragrance,
promesse du parfum à venir d'une rose en bouton
qui n'en finirait pas de ne pas s'ouvrir.
Présence sur la route sinueuse de nos pensées
nous ramenant vers nous.
Après chaque virage, Ton visage.
Les lacets défont les pensées
et les voilà qui s'envolent.

 

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11 mars 2017

Une lune safran
accueille le matin
et les bruits  de Mars
Guerre et armes sont bien loin
Un oiseau m'effleur de Toi.

 

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image internet

 

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28 février 2017

Dehors, il pleure

Il pleure au-dehors.
Il pleure sur les pommiers qui ne seront jamais en fleurs.
Il pleure dans la nuit du matin.
Le vent de l'occident cingle les vitres.
La pluie s'écrase en grosses gouttes et dégouline sur le regard.
Les yeux sont secs.
Le cœur se tient au chaud derrière les murs.
L'esprit émigre et cherche un feu,
la flamme est enfermée dans le fourneau.
Pas de lumière.

Il fait si froid.
Les larmes se font glace sous un ciel blanc.
La terre a vieilli d'un coup, oubliant le printemps.
N'était-ce donc qu'un rêve ?
Ces printemps qui riaient ?
Ces rires qui fleurissaient ?
Le vent souffle si fort, il fait hurler les arbres ;
il arrache leurs branches et les promesses qui s'y accrochent.
Il emporte les chants des charbonnières et des nonettes.
Plus rien ne vole dans le ciel, hormis la mort.

Il pleut au dehors.
Les giboulées de mars balayent la chaleur.
Avril sera bientôt là, mai le suivra
et les mésanges auront un nid.
La chaleur reviendra, les arbres seront verts.
Comment seront les cœurs ?
Où seras-tu, toi, le gardien de mon âme ?
Le soleil brillera-t-il au nord ?
Au sud, tout brûle malgré la pluie.
Les larmes n'y sont que mirages parmi les ruines.
Comme tu manques à mon cœur  lorsque dehors il pleure !
Lorsque j'entends cingler le vent et que je sais tous les déracinés,
et que je sais qu'il n'y aura pas de fruits sur les pommiers.




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13 février 2017

Tempête

Bourrasques et rafales
Le vent s'emporte
Branches brisées et voiles déchirées
L'esprit éparpille à tout va
Tourbillons de sable
Les pensées volent
Eclats de pluie glacée
Le grain laboure la terre
Dessous les vers les taupes
le sang  séché
Le silence étouffe
Bruit de l'arme de la cognée
La démence saisit
Gémissements des chênes
Le ciel tarit
Blanches tornades
évaporées sitôt que nées
Poussière de cris
L'être reploie
Ivresse soufflée rompue
L'ombre émiette
Le jardin dévasté
Les nuées se déchaînent
dessèchent le sang
les vers dessous la terre
La brune claire
Les ténèbres submergent
Les voix dans la tourmente
L'orient est noir
Rugissements du ponant
La tempête forcit
Tout craque se fend s'offense
Le sommeil fuit
Coups de boutoirs
L'esprit vacille

Le monde chancèle

 

 

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22 janvier 2017

De sable et de vent sont fait les espoirs. Dans la brume, la force des rêves dessine un chemin. Au bout, peut-être toi.

 

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Paysage d'automne

 

 

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10 janvier 2017

Carré de ciel

Le carré de ciel est toujours là de même que les fauteuils bien rangés le long du mur de cette pièce sombre et surchauffée, prêts à accueillir la pesanteur, la lourdeur des êtres malades, amputés, atrophiés ou déformés, prêts à offrir le repos, la douceur. Le lieu est familier et la souffrance aussi. Mais mon cœur bronche, se cabre et rue de tous côtés, contre la mécanique du corps.

Si peu d'envie dans les regards, si peu de regards en vie.

Être en vie, c'est être désireux de goûter à l'envie les fruits de la vie. Que sont devenus les fruits de l'envie ? Le désir ? Je connais l'envie qui est jalousie ou convoitise, mais j'ignore l'en vie, ce désir qui est richesse.  Sans doute l'ai-je connu autrefois, mais je l'ai oublié, perdu quelque part en chemin, sans rien voir. Un jour, il n'était juste plus là. Il ne me fait pas défaut et pourtant il est vrai que parfois, je cherche quelque chose, ignorante de la chose cherchée ou bien je regarde les couleurs chatoyantes d'un coucher de soleil et ne trouve que le vide là où devrait se tenir l'émoi d'un émerveillement.

Je lève les yeux. Dans le carré, les nuages courent sur un ciel gris bleu. Quelques feuilles s'accrochent encore sur des bouts de ramures comme un souvenir. Derrière la porte verte, dans le couloir sombre, des bruits de cannes, des bruits de voix. J'entends un sourire encourageant, un soupir, découragé.

Je suis fatiguée. Déjà ! Mes pensées se tournent vers toi. Présence réconfortante, comme ce carré de lumière, ce bout de ciel par lequel s'échappent les rêves. Ici, on ne rêve pas. On rééduque ! Et le sens de la vie s'écoule dans le moule d'un univers aseptisé. Rééduqués, les rêveurs et les poètes ! Rééduqués ceux que la vie brise et broie sous les roues uniformes de la norme bien calées dans les ornières d'une autoroute à sens unique.

Rééduqués, les rééducateurs ! Obéissants mais patients. Avec encore un petit bout de ciel dans les yeux, un peu de chaleur pour réchauffer le cœur qui a pris froid à condition de bannir les larmes et la soie qui les drape et sapent leurs efforts méritoires pour réadapter l'être inconformé aux carcans d'un monde déformé.

Rééduqués, ceux qui bougonnent ou tempêtent et se jettent dans le vide de leur vie. Serais-je aussi redressée ? Je lève les yeux. Il y a des nuages tout là-haut – j'ai encore un peu de temps – alors j'enfourche l'un d'eux et m'en vais loin du centre.

Oubliés les blouses blanches et les chariots, oubliée la douleur, oubliée la fatigue. Je veux juste dormir un peu pour mieux me souvenir de toi, de ce désir qui fut autrefois. Après, ça ira mieux.

 

 

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