27 octobre 2016

Pour peindre un oiseau - J. Prévert

Peindre d’abord une cage
Avec une porte ouverte
Peindre ensuite
Quelque chose de joli
Quelque chose de simple
Quelque chose de beau
Quelque chose d’utile
Pour l’oiseau
Placer ensuite la toile contre un arbre
Dans un jardin
Dans un bois
Ou dans une forêt
Se cacher derrière l’arbre
Sans rien dire
Sans bouger…

Parfois l’oiseau arrive vite
Mais il pourrait aussi mettre de longues années
Avant de se décider
Ne pas se décourager
Attendre
Attendre s’il le faut pendant des années
La vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau
N’ayant aucun rapport
Avec la réussite du tableau

Quand l’oiseau arrive
S’il arrive
Observer le plus profond silence
Attendre que l’oiseau entre dans la cage
Et quand il est entré
Fermer doucement la porte avec un pinceau
Puis effacer un à un tous les barreaux
En ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l’oiseau

Faire ensuite le portrait de l’arbre
En choisissant la plus belle de ses branches
Pour l’oiseau
Peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
La poussière du soleil
Et les bruits des bêtes de l’herbe dans la chaleur de l’été
Et puis attendre que l’oiseau se décide à chanter
Si l’oiseau ne chante pas
C’est mauvais signe
Signe que le tableau est mauvais
Mais s’il chante c’est bon signe
Signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
Une des plumes de l’oiseau
Et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

 

 

 

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26 octobre 2016

Simplement le ressac et puis l’écume

Peut-être un grain de silice glissé entre les orteils
La délicatesse du sable si fin et si soyeux
Le vent tombé, le macareux arrêté en plein ciel
Un phare perché dans le lointain, jusqu’à l’infini de la grève
Inutile, dressé face à l’océan, planté sur la rocaille
Le mouvement lent de l’horizon glissant sur l’eau
Un bleu si bleu qu’il ne sert à rien de le décrire
Il remplit le décor, il avale tout sur son passage
Puis l’écoulement de la fraicheur autour de la cheville
Comme une pluie couchée sur le dos qui déferle sous la peau
Arasement de l’air qui remplit d’éclats salins
Les paupières qui se referment
Mais ce voilier, si lointain, si blanc
Dérivant entre les brisants
Qu’emporte-t-il à son bord ?
Peut-être ton âme vagabonde
Ton visage et ton sourire
Ta délicatesse et l'amour et la vie
Tout ce qui vide ce tableau ridicule
Qui se peint péniblement
Sur ce bout de papier inutile
Qu’au moins il s’envole
Pour rendre à l’aile
Son envergure
Et sa beauté

Le Voyageur Internautique

 

P9210628

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25 octobre 2016

„Leben in der Liebe zum Handeln und Lebenlassen im Verständnis des fremden Wollens ist die Grundmaxime des freien Menschen.“

"Vivre dans l'amour de laisser vivre et faire en comprenant la volonté de l'autre est le principe même de l'Homme libre."

Rudolf Steiner

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24 octobre 2016

Un bouton de rose

Juste un bouton de rose.
Né ce jour d'avant, il s'ouvre.
Tout doucement.
D'un souffle caressant,
ce jour d'hui l'entrouvre.
Délicatement.

Juste un peu de ciel
déversé au matin,
me déverse et s'éploie
sur un pétale virginal.
Soie incarnadine,
il déshabille le cœur.

Juste un peu de pluie
sur l'ajour d'une rose,
éveille la mie endormie.
Sur une goutte d'eau,
un baiser déposé par le jour
perle jusqu'à l'intime secret.

 

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© robert buatois

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19 octobre 2016

Corazón libre

Ils t'ont assiégé Cœur
et attendent ton renoncement,
les uniques vaincus, Cœur
ce sont ceux qui ne luttent pas.

Ne te rends pas  Cœur libre,
ne te rends pas

Ne leur permet pas Cœur
de tuer la  joie,
rapièce d’un rêve Cœur,
tes ailes mutilées

Ne te rends pas  Coeur libre,
ne te rends pas

 Et souviens-toi  Cœur,
l'enfance sans  frontières,
le toucher de la vie Cœur,
une chair de printemps,

Ne te rends pas  Coeur libre,
ne te rends pas

Ils se fourvoient Cœur,
avec des chaînes fragiles,
plus de vent que des racines, Cœur,
brise les et envole toi.

 Ne te rends pas  Coeur libre,
ne te rends pas

Ne les écoute pas Cœur,
que ses voix ne t’assourdissent pas,
tu seras complice et esclave Cœur,
si c’est ce que tu écoutes

 Ne te rends pas  Coeur libre,
ne te rends pas

En avant  Cœur,
sans la peur de la défaite.
Durer,  ce n'est pas être vivant Cœur
vivre c’est une autre chose


 

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Brouillard au levant
Les arbres sont effacés
Ils sont d'or au soir
Dans le silence les pas mènent les pensées vers Toi.

 

 

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Le brouillard au levant
a dérobé la colline
Le ciel est bleu
Sur les toiles emperlées des clins de lumière argent

 

 

 

 

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18 octobre 2016

La citadelle de silence - Pierre Bordage

Capturez la citadelle de silence,
En elle, nul n’attaque,
Nul ne peut vaincre l’infini,
Source de toute chose.

Capturez la citadelle de silence,
Où toute maladie trouve guérison,
Où toute guerre trouve paix,
Où toute mort reprend vie.

Capturez la citadelle de silence,
L’amour sera votre bouclier,
La lumière sera votre pain,
Le son votre gardien.

Capturez la citadelle de silence,
Elle est la demeure de Dieu.

Source : Souffle de songe

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17 octobre 2016

La pluie sur l'étang
dessine des ronds dans l'eau
bruissement de feuilles
Impassibles les foulques sont regroupées pour la nuit.

 

 

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L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie.
La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.

                                                                                                 Gandhi

 

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