18 octobre 2016

La citadelle de silence - Pierre Bordage

Capturez la citadelle de silence,
En elle, nul n’attaque,
Nul ne peut vaincre l’infini,
Source de toute chose.

Capturez la citadelle de silence,
Où toute maladie trouve guérison,
Où toute guerre trouve paix,
Où toute mort reprend vie.

Capturez la citadelle de silence,
L’amour sera votre bouclier,
La lumière sera votre pain,
Le son votre gardien.

Capturez la citadelle de silence,
Elle est la demeure de Dieu.

Source : Souffle de songe

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17 octobre 2016

La pluie sur l'étang
dessine des ronds dans l'eau
bruissement de feuilles
Impassibles les foulques sont regroupées pour la nuit.

 

 

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L'erreur ne devient pas vérité parce qu'elle se propage et se multiplie.
La vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit.

                                                                                                 Gandhi

 

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16 octobre 2016

Dreammaker

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Espérance

Je suis grosse d'une blessure se refusant à naître,
pleine d'une colère, d'une souffrance
gangrenant l'âme Humaine.
La vie afflue en mon giron,
reflue de mes veines et s'enfle
comme s'enfle un torrent subissant en amont
les tempêtes qui vident le ciel.

Le fiel se mêle à la douceur,
le miel, empoisonné, n'apaise plus
et les cœurs atrophiés deviennent rances.
Sous la surface, court la bête noire
charriant les immondices et les courants fétides.
Sous la surface, les chairs sont nécrosées.
Même les vers s'en sont allés.

Exsangue est la terre de nos filles.
Ensemencée de larmes et de désirs stériles.
Les étendues immaculées, héritées de nos mères,
d'un mince manteau de verdure se couvrent.
Mais je le vois déjà s'effilocher,
devenant loque sous les lames de la haine.
Les guerres n'en finissent pas.

Le teint blafard, les membres gourds,
pleine d'une vie dont je ne suis pas dupe,
je parcours les étoiles et le jour à l'agonie.
La lumière d'argent qui croit
trahit la blancheur de l'orient.
Les pluies acides ne la ternissent pas,
les flots de sang ne la rougissent pas.

En mon ventre, une tumeur forcit,
mais elle ne me tue pas, Mort et Vie tout à la fois,
elle m'épanche en silence et l'esprit se replie
sur ces feuilles d'automne privées d'or et de cuivre,
de ces diadèmes de givre qui brillaient au levant,
faisaient virevolter les âmes.

Le vent ne les fait plus danser.

Je suis pleine du jour, de la froideur de la nuit
de l'espérance de l'hiver habillant de candeur
l'herbe et ces rameaux frêles comme du verre ;
spiritus sanctus, elle dénude les âmes.
Si nos cœurs se rejoignent au-delà de la haine,
à la croisée des êtres, dans une attente féconde, 
alors tu me mettras au monde et je t'enfanterai.

Je suis emplie de Toi,
de cette volition, altière fidelis,
déchirant l'être d'une main amoureuse
comme le germe brise la gangue rigide
pour s'élever bien haut dans les profondeurs de la terre,
pour s'enfoncer dans l'abîme des cieux
sans jamais rien navrer, anéantissant tout.

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12 octobre 2016

Tête chargée - Lavilliers

Que peut l'art contre la misère noire ?
La musique contre la solitude ?
Les artiste contre les habitudes ?
Que peut l'art, ?
Que peut l'art ?

Parfois c'est notre seule arme...

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Une amitié - Charles Vildrac



Il y a […] chez toi et chez moi
Comme chez tous, des choses qui manquent,
C’est telle variété de plante
Que je n’ai pas dans mon jardin,
C’est telle arme pour ma lutte
Que je ne sens pas sous ta main ;

Qu’il advient toujours, pour notre bonheur,
Que moi je dispose de cette arme,
Que tu es tout fleuri de ces fleurs
Et que nous entrons sans façon l’un chez l’autre
Pour prendre ce dont nous avons besoin

Tu connais bien mes indigences
Et la façon de mes faiblesses ;
Elles vont à toi sans pudeur
Tu les accueilles et les aimes ;
Et aussi bien j’aime les tiennes
Qui font partie de ta valeur
Et sont la rançon de tes forces.

Enfin chacun de nous, ô mon ami,
Marche, et peut marcher avec assurance
A cause d’une main qui, vigilante,
Au moindre péril, se lève et saisit
Le bras égaré de cet aveugle
Que je deviens et que tu deviens,
Comme tous, à certaines heures…

 

 

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11 octobre 2016

Lien

Je lis,
des liens de chaînes qui se délient.
Du fond de la lie,
les légionaires de l'ombre sonnent l'hallali
Nous avons bu le monde, il est à l'agonie.

De mon lit
la Mort se retire et m'abandonne à minuit,
sans un cri.

La lune allume les cieux et la nuit
et le monde aux ténèbres survit.

Je prie
Mes yeux vers toi s'écrient.
Du fond de l'oubli,
qui est de soi-même le déni,
je me tourne vers toi qui luit.

Tu lies
Ce qui est Mort est Vie.
Dans le désert où rien n'est ici,
j'ai un peu de vent pour seul habit
et Toi, rocher contre lequel je me blottis

 

 

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05 octobre 2016

Le Pèlerin de pierre

Pèlerin de pierre

 

–  Que fais-tu ici ?
 Je viens te voir.
 N'avais-tu pas assez de la folie ?
 Je te demande pardon. C'est moi qui était folle de croire que je pouvais vivre sans la sagesse, Fou.
...

 Et que veux-tu ?
 Reprendre mon errance. Faire quelques pas avec toi.
 Alors marchons.
...

– J'ai vu un pèlerin sur la mer. Immobile, il avançait dans les flots tumultueux. Il était seul et pourtant, lorsque l'eau refluait, nombreux étaient ceux qui l'accompagnaient. Et lorsque la nuit venait, une église s'élevait là où, quelques heures plus tôt, il se tenait. A ses côtés, j'étais seule et pourtant je ne l'étais pas. Tu étais avec moi, ainsi que bien d'autres qui demeurent en mon cœur. Cela m'a fait me demander ce qui fait le lien entre les êtres.  

– En amitié comme en amour, il y a des désirs, des attentes. Le plus souvent, l'autre comble un manque en étant une des pièces du puzzle de notre vie, parfois il suscite la curiosité, nous interpelle ou nous questionne.  
–  Mais, une fois le manque comblé, une fois la curiosité satisfaite, qu'est-ce qui fait la profondeur d'un lien  ? Pourquoi perdure-t-il ou s'achève-t-il ?

Toutes les rencontres que je vis s'inscrivent dans la fugacité de l'instant. Je me souviens d'un jeune homme, en pèlerinage vers lui-même, de la nuit illuminée par ses rires et ses aventures. Nous lui avions offert le gîte. Il nous a donné bien plus. Nous nous sommes quittés sur la promesse de renforcer le lien qui s'était tissé. Que pouvons-nous contre les tourbillons du temps et de la vie ? Je ne peux témoigner, comme certains, d'un lien tissé sans attaches, dessinant une histoire commune.
Même dans le monde virtuel, que l'on appelle la toile,
d'ami je n'ai que toi, Fou ! Qu'est-ce qui fait que les liens que je tisse se défont immanquablement ?

 Peut-être ne fais-tu pas les bon nœuds ?
Le monde d'aujourd'hui est à la fois tangible et virtuel. La virtualité, bien qu'impalpable, est une potentialité indubitable. En théorie, les liens peuvent s'y multiplier à l'infini et cependant, de même qu'une rencontre, aussi riche soit-elle dans l'échange et le partage, ne débouchera pas forcément sur une relation durable, de même certains liens virtuels n'ont pas vocation à s'incarner quand d'autres, au contraire, attendent le face-à-face dans le monde tangible pour prendre pleinement leur essor.
Lorsqu'elle est de cœur à cœur, la rencontre est toujours réelle et le lien que tu ne vois plus n'a pas pour autant disparu. Certaines rencontres sont une collision, d'autres une aventure ; certaines durent le temps d'un battement d'aile, d'autres suivent le cours d'une vie. Toutes relient à soi-même et participent d'un accouchement de l'âme ; ainsi il est des liens qui, éphémères, ont pour seule fonction de déclencher une mue et d'autres, plus pérennes qui contribuent à l'érection de l'Être, à son enracinement.

 Tu dis que les rencontres nous relient à nous-même. Mais très souvent, les liens que nous nouons ne sont que des attaches, voir des chaines. Peut-on tisser des liens à la manière du Petit Prince et du Renard ? Aimer sans entraves et donner vie à ce mouvement  pareil à celui des blés caressés par la brise ? Un mouvement qui, comme le suggère Vildrac, fait que deux épis qui se frôlent engendrent une vague qui fera se frôler d'autres épis jusqu'à l'autre bout du champ, créant ainsi dans les cœurs un souvenir-lumière, un souvenir-arc-en-ciel allumant l'azur un instant ? L'Autre, même absent, même loin devenant celui qui donne une tonalité particulière au monde ?  Et qu'en est-il du lien étrange, et dérangeant souvent, entre le serpent et le Petit Prince ?

 L'humain est " un animal social " qui a besoin du regard de l'autre pour s'édifier. Seul, sans personne pour le toucher, pour le regarder, il meurt. Tout au long de la vie, le besoin est irrésistible de se confronter à un autre soi. L'alter égo n'étant pas un clone de soi-même, mais l'autre qui rend la réalité du "Je suis" effective, sensible. Comment pourrais-tu savoir qui tu es, si un autre ne venait te questionner et confirmer ou infirmer ton ressenti ?
En réalité, ne fuis-tu pas l'Autre ? A cause de cela qui risque de te révéler ?

 Peut-être as-tu raison. Sans doute est-ce pour cette raison que je reprends immanquablement le chemin vers toi ! Parce que, toi, je  ne te redoute pas.
...

 Ce qui nous lie est impalpable et perdure malgré mon insoumission. Mais tu te refuses à être serpent pour moi.
 Je ne peux être renard et serpent à la fois ! Je ne suis qu'un fou !
 Hum, très drôle...
 C'est toi qui es amusante. Te prendrais-tu pour le Petit Prince ?

 

 

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04 octobre 2016

L'emportement emmène tout avec colère, claque les portes bruyamment ; la douceur laisse la lumière avec amour, referme les portes en silence.

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