On ne peut pas toujours regarder devant soi
Il est des fois où dans les détours je m’enlise
Où je perds mon chemin dans le miroir du temps
Je voudrais revoir une dernière fois au coin du bois
Ses cheveux au vent, son sourire au loin, sa main tendue
Et quand je cours, tomber lentement dans ses bras
Car je sais qu’elle me rattrapera, que jamais
Au grand jamais elle ne me laissera choir
Une dernière fois entendre sa voix me murmurer à l’oreille
Qu’il ne faut pas pleurer, que les larmes ce sont des océans de sel
Qui figent les mots dans la pierre de granite qui pèse, mais qui pèse
Pouvoir lui demander quel est le sens de ce drôle de monde
Où les gens marchent sur la tête pendant que d’autres
Ont les cheveux dans les yeux pour ne pas voir
Mais la réponse à ces questions je la connais déjà
Car il y a dans ma tête une dame aux allures de demoiselle
J’en suis resté amoureux, et toujours un peu jaloux
Une dame qui me regarde, qui écoute mes douleurs
Qui sait quand je mens, qui lit dans mes paroles
Les aléas de
mes pensées, les rêves oubliés
Ceux que font les tous petits quand ils sont ébahis
Par ce regard dans lequel ils se perdent avec joie
Elle est tellement présente qu’il me faut parfois fermer les yeux
Pour que disparaissent les siens et que je puisse te voir
Amie de toujours renaître à la vie, et partager avec toi
Ce souvenir maudit qui grignote ma cervelle
Quand je m’allonge à côté d’elle dans ce suaire exigu
où il n’y a de place que pour un seul
On ne peut pas toujours regarder devant soi
Il est des fois où je m’enlise dans les détours
Où je perds mon chemin dans des miroirs de boue

                                                   Olivier Issaurat