Nous ne partageons pas le même monde.
Tu es un avaleur de rêves.
Ta vie de mangeur d’âmes
prend forme
quand vient le soir
et que la brume l’endeuille
Alors ombre de la mort
tu te glisses en notre peau.
Tu t’immisces en nous.
Tu jettes des yeux
qui tombent en pluie mauvaise
dans nos cerveaux
pour à l’intérieur nous deviner
nous dépecer
enlever d’un coup
nos joies et nos espoirs.
C’est ainsi que loin de toi
nous découvrons le trou
sans air et sans lumière
que tu as laissé dans nos pensées.
Une tristesse sans espoir
noie ma rage et mon chagrin
quand je pense à toi.
Car je voie sous mes yeux
celui que tu as crucifié.
Il n’est plus que misère et rancœur.
Ce n’est pas l’or que tu lui as pris,
c’est son humanité.
Il était joyeux
et gaie comme un pinson.
Le voilà ennemi du monde
et du peuple.
Tu fabriques dans ta besace
la misère qui sert ton destin.

                  © Le Voyageur internautique