A mes yeux s’offre un monde
où le beau et le laid
s’épousent
et dansent une farandole inutile
Désespoir du noir de nos peurs
de nos cœurs morts avant que d’aimer
Tes rires s’écrasent aux murs gris d’une existence funeste
et résonnent dans les jardins de nos prisons
où fleurissent les asphodèles
Nous cultivons nos linceuls
et chérissons nos blessures
Nous clouons aux portes les chats noirs
qui rayonnent à nos fenêtres
Les chouettes envolent le jour
Vois-tu mon adorée
Le soleil qui refuse de briller en ton âme esseulée
Vois-tu ce cratère où bouillonnent nos songes
qui éclaboussent les nuits de notre histoire
Elles dégoulinent de nos orbites
et vomissent des regards vides d’amour et de haine
Le monde se décompose
se recompose
Le Mal et le Bien faubergent
s’accouplent au désir d’une pensée lubrique
Les chairs se déchirent en silence
Et moi
j’ai oublié qui Tu étais.

 

theearth
The Earth is a Man - Roberto Matta